Je me nomme BAHOUA et je suis originaire d’AFFAIKRO.
Après 15 mois passés dans le sein de ma mère, je suis né un lundi à environ 3h15 min du matin dans une famille polygame pendant que tout le monde dormait. Ma mère n’a pas survécu aux douleurs de l’accouchement et depuis lors, toute ma famille commença à me détester car pour eux, j’étais responsable de la mort de ma mère et que j’avais perturbé leur sommeil.
A l’âge de 6 ans, mon père m’ordonna d’aller surveiller tout seul notre champ de riz situé à 4 km du village contre les mange-mil appelés « DJÔLÊ » dans ma langue maternelle. Je parcourais donc 4km tout seul chaque jour à 6 heures le matin et retournai le soir à 18heures. J’étais sérieusement battu lorsque les oiseaux mangeaient un peu de riz et le lendemain, mon père me réveillait à 5heures et encore tout seul je parcourais cette distance. Mon père me recommandait de dire à toute personne que je rencontrerais et qui voudrait me faire du mal que je suis le fils de « Monsieur PATAPAH », ainsi cette personne passerait outre.
Au départ, il ne voulu point me scolariser car selon ses dires, je n’étais pas intelligent et que je lui enverrais des résultats scolaires catastrophiques. Un jour, il se décida de me scolariser, et j’avais 13 ans et étais plus âgé que tous les élèves de ma classe, il corrompit le maire et diminua mon âge de 13 à 6 ans. Heureusement que je ne paraissais pas aussi vieux physiquement. Grâce à Dieu, je travaillais bien à l’école et faisais toutes mes évaluations de fin d’année avec succès jusqu’au CM2, où j’ai échoué à mon examen tu CEPE, réjouissant ainsi, tous les sorciers qui voulaient que j’échoue. L’année suivante, j’ai repassé le même examen et cette fois-là, avec succès.
Je pensais que mon calvaire était à son terme, mais ce n’était pas le cas. Ma famille disait toujours que j’étais un enfant de mauvaise augure, que je n’étais pas un enfant ordinaire. Ils me battaient toutes les fois que quelque chose se perdait à la maison car pour eux, j’en étais le coupable, quoique pas la vérité. Malgré tous ces mauvais traitements et cette haine, j’avançais toujours dans mes études et étais toujours parmi les meilleurs.
En classe de 3ème, je fis la rencontre de PAULA, la belle-fille de ma tante « BLOU », la seule personne qui m’aimait dans la famille au cours du mariage de l’un de mes oncles. Elle était la décoratrice et nous y avait associé PAULA, qui était élève en seconde C et moi. Elle était devenue mon amie et nous étudions ensemble souvent. On se rendait visite très souvent et lorsque je me rendais chez elle et que des jeunes allaient lui faire la cour, ils me demandaient la permission et je leurs disais toujours qu’ils ne devraient pas car nous étions comme frère et sœur.
Un jour pendant que nous étions en train d’étudier, PAULA me séduit et malheureusement, je tombai dans son piège et nous fîmes l’amour, chose que je regrettai d’ailleurs car je n’avais jamais imaginé une telle scène se produire entre elle et moi. Je lui dis que le mieux serait de ne plus se voir et je notai la date de cette scène dans mon agenda intime. Deux jours plus tard, elle se rendit à Abidjan pour poursuivre ses études.
Un jour pendant que j’étudiais, mon père se jeta soudain sur moi et commença à me battre. Je criai de toutes mes forces et pleurai presque toutes les larmes de mon corps. Il m’ordonna de quitter sa maison car je venais d’engrosser PAULA, la fille de ma tante BLOU. Je suppliai mon père de me laisser rester à la maison, mais il était vraiment déterminé à m'expulser de chez lui. Je pris donc mon ‘’ PEPE ‘’et mon « BOFOUIN » et me dirigeai vers le marché du village pour y passer la nuit. Je n'avais personne pour me défendre, la seule personne qui aurait pu le faire n'était plus de ce monde, d'ailleurs, l'on me tenait pour responsable, sa mort. Le lendemain, ma tante BLOU appela mon père au téléphone et demanda à me parler urgemment. Celui-ci lui fit savoir que je n'étais pas là, elle insista et promit de rappeler le soir pour me parler. Quant à moi, je pris une fois de plus mon ‘’PEPE ‘’et mon ‘’BOFOUIN’’ et retournai à la maison dans l'optique de supplier mon père de me garder à la maison car n'ayant aucun autre endroit où aller.
Je trouvai mon père à la maison et il me demanda ce que j'étais venu y faire. Il me dit d'ailleurs que ma tante BLOU voulait me parler au téléphone et que je pouvais rester à la maison jusqu'après le coup de fil de ma tante et retourner d'où je venais.
Le soir venu, ma tante rappela et me demanda si j'avais en tête la date à laquelle PAULA et moi avions eu les rapports. Je lui signifiai que c'était deux semaines plutôt et elle m'apprit sur le champ que la grossesse faisait déjà deux mois d’après l’échographie, qu'elle savait que je n'en étais pas l'auteur, vu le comportement frivole de sa belle-fille. Elle me promit de faire tout son possible pour m'innocenter car elle me savait respectueux, sage et était au courant du traitement que m'infligeaient mon père et tous les autres membres de la famille, y compris mon unique grand-frère. Elle en informa mon père et celui-ci me demanda de rester à la maison après m'avoir copieusement battu pour avoir eu des rapports sexuels.
Trois jours plutard, le père de PAULA, un homme très austère, fit venir PAULA chez mon père pour qu'on la fasse avorter car elle devait poursuivre ses études, ce que mon père refusa de faire et lui aussi renvoya celle-ci chez son père.
PAULA retourna chez son père et ma tante lui fit faire un curetage après avoir convaincu son mari de mon innocence.
Le lendemain, pendant que j’apprenais mes leçons, j'entendis les sons du tam-tam sacré. Je couru de toutes mes forces pour savoir ce qu'il en était, grande fut ma surprise lorsque l'on annonça le décès de ma tante BLOU, suite à un mal de tête qui n'a duré que 5 min.