(Die deutsche Version folgt unten) Une tradition, c’est une tradition. Pour notre plus grande joie, la dernière soirée d’Igloofest est consacrée à la musique techno. Bien entendu, qui pense musique techno pense aussitôt à l’Al… (devinez le reste!). La grande finale de l'édition passée s’est avérée magistrale avec la performance démente du duo berlinois Ben Klock et Marcel Dettmann; cette année le sera tout autant avec au menu les 5 étoiles de Tommy Four Seven et surtout de la légende Chris Liebing. Tout simplement : «Achtung !»
Parler de Chris Liebing, c’est évoquer un acteur-clé de l’évolution du techno depuis ses débuts dans les années 90 : vingt ans derrière les masques de producteur, DJ et directeur d’étiquettes, dont l’incontournable CLR, à explorer les différentes âmes, vitesses et sonorités de ce genre musical auquel son nom est immanquablement associé en Allemagne. Son album Evolution publié en 2003 témoigne de cette fulgurance sonore qui anime toujours cet infatigable musicien de Francfort : une sensibilité féroce, hypnotique, quasi métallique. Aux abonnés de son populaire podcast pour qui le « It’s Monday… » inaugural sonne à leurs oreilles comme la clochette au chien de Pavlov, le moment est venu de ressentir son orchestration toute puissante lors d’une performance qui nous rappellera pourquoi le techno doit faire partie de notre vie (!). Entrevue Q/R avec un monstre sacré au sujet de l'évolution du techno, sa « manie » du remix, son profil Facebook et de la quête impossible de la satisfaction.
Igloofest à Montréal signifie performer dehors à -20°C devant des milliers de personnes en habit de ski. Avez-vous hâte ?
Bien sûr! Il faut dire que je suis un passionné de ski alors les habits de ski, ça me connaît! Ma valise contient déjà de longs sous-vêtements ainsi que mes bottes. J’ai déjà performé en hiver lors de festivals dans les Alpes, mais à Montréal il y a quand même plusieurs degrés en moins... Je m’en réjouis ainsi que mes collègues!
Vous baignez dans le monde de la musique techno depuis plus de vingt ans. Comment a évolué votre relation avec cette scène musicale et ce son particuliers ?
Ce qui est bien avec le techno et que j’ai remarqué depuis le tout début consiste à se trouver constamment en évolution. On n’est jamais vraiment satisfait et content pour longtemps avec ce que l’on produit, ce que l’on joue, comment on le joue et de ce que la musique même à offrir. On travaille de manière permanente à améliorer nos productions et notre DJ-ing. Cela procure beaucoup de plaisir! Le techno a d'ailleurs un énorme potentiel caché, voire aucune limite à ce que l’on peut créer en terme d’effets, d’échantillonnages (samplings) et de boucles (loops). Cette évolution ne cessera pas! Aussi longtemps que j’éprouverai du plaisir –et cela fait 20 ans que j’en ai-, aussi longtemps j’espère que les auditeurs en éprouveront.
Chris Liebing - CLR Podcast 188 - 01-10-2012 by Mixing.Dj Livesets on Mixcloud
Vos performances sont l’occasion pour vous d’une véritable orchestration avec de nombreux équipements techniques sophistiqués. Quelle importance accordez-vous au progrès technologique réalisé dans le domaine de la musique électronique ?
Comme je disais, l’évolution en musique électronique occupe une très grande importance. Ce progrès permet de traduire dans la réalité ce que l’on veut exprimer en termes de son et d’atmosphère. Il y a quinze ans, ce qui était impossible à créer avec de simples tables tournantes et un seul mixer, l’est aujourd’hui grâce aux systèmes assistés par ordinateur. Avec la musique électronique, l’évolution technologique et la prestation musicale vont de pair avec l’évolution des ordinateurs. Cela produit des développements surprenants et auxquels on aurait jamais pensés, par exemple l’utilisation de Touchpad ou de Ipad. C’est très stimulant!
Vous avez déjà dit que les producteurs vous détestent parce que vous ne pouvez pas vous empêcher de modifier leur morceau lorsque vous les insérez dans vos sets. Pourquoi cette « manie » chez vous ?
En fait, je ne suis pas certain qu’ils me trouvent insupportable. Je peux seulement m’imaginer qu’un producteur souffrirait d’entendre dans un club son morceau remixé radicalement lors de ma performance, alors qu’il l’a ajusté de la façon dont il aimerait qu’il sonne et soit entendu. C’est ce que je m’imagine, du moins s’il était un vrai puriste. Cette « manie » provient de mon impression à pouvoir soutirer davantage d’un morceau. Je tends à réinterpréter tous les morceaux, à placer l’accent là où je crois qu’il devrait être et à les remanier de façon à engendrer l’atmosphère recherchée. Ce n’est pas la faute au producteur, qui a fait ce dont il avait envie ! La beauté avec la musique électronique réside dans cette possibilité qu’elle m’offre de laisser les choses comme elles sont ou de les arranger à ma manière. C'est constant chez moi même lorsque je performe, j’essaie de mettre de l'avant cette « manie » de vouloir tout perfectionner.
Lors des 10 ans de l’étiquette CLR, vous avez changé son nom « Chris Liebing Records » pour « Create Learn Realize », effaçant du coup votre nom ou votre égo, comme vous avez mentionné. Pourquoi était-ce important de vous « effacer » ainsi ?
Je ne pense pas que l’on puisse effacer complètement son égo. On doit simplement apprendre à vivre avec et le discipliner – si on réussit ça, on aura gagné beaucoup! Le retrait de mon nom de l’étiquette tient au fait que je désirais publier d’autres musiciens et leur témoigner un certain respect. Je ne tenais pas à ce que leur travail contribue également à la publicité de mon nom ! Maintenant, tout apparaît plus neutre et plus juste.
Votre profil Facebook mentionne : « Since then he (Chris Liebing) has never stopped working on his dj and production setup’s and has finally reached a point of complete satisfaction with his technical and artistic possibilities. » Rendu à ce niveau de satisfaction, comment envisagez-vous l’avenir ?
C’est ce qu’on trouve sur mon profil Facebook… Ça, c’est intéressant!
Vous avec publié une tonne de remix dont dernièrement les excellents « Lie Down In Darkness » de Moby et « Man Made Machine » de Motor. Quelle place occupe ce travail par rapport à vos créations?
Tout d’abord, merci! En ce qui concerne mes remix, je dois admettre que ne je suis comblé qu’avec seulement quelques-uns d’entre eux. Lesquels? Je devrais y réfléchir longuement. Lorsque j’entends un morceau, l’idée d’un remix me vient assez facilement. Si le produit final détonne souvent de l’idée originale est une autre question. Une fois qu’un remix est terminé, j’en suis content sinon je n’arrêterais jamais d’y travailler! Toutefois, un mois plus tard, je me dis que j’aurais pu faire ceci ou cela autrement et je pense sans cesse que j’aurais pu mieux le réaliser. J'ai donc encore des choses à apprendre avant de dire que remixer à une grande importance pour moi.
Le philosophe allemand Nietzsche a écrit: « Sans la musique, la vie serait une erreur. » Qu’en dites-vous?
Cet aimable Nietzsche a écrit beaucoup, mais beaucoup de bonnes choses dans sa vie et j'oserais croire qu'il a ici encore raison. La musique réunit les hommes à un tout autre niveau, inatteignable par d'autres moyens, parce qu'elle génère des sentiments partagés et cultive justement un haut degré d'unité et d'appartenance. Si nous étions dépourvus de tout cela, je crois que nous ne serions même plus en vie!

„Sind Sie zufrieden, Herr Liebing?“? Interview mit Chris Liebing beim Igloofest 2013
Tradition ist eben Tradition. Zu unserer großen Freude ist der letzte Abend des Igloofestes der Technomusik gewidmet. Wer an Technomusik denkt, denkt selbstverständlich sofort auch an Deu…. (den Rest müsst ihr erraten). Nachdem sich mit der abgedrehten Performance des Berliner Duos Ben Klock und Marcel Dettmann das große Finale der vergangenen Ausgabe als absolut meisterhaft erwiesen hat, wird es das dieses Jahr mit dem Besten von Tommy Four Seven und vor allen Dingen vom legendären Chris Liebing ebenfalls sein. Ganz einfach: „Achtung!“
Wenn man von Chris Liebing spricht, spricht man von einer der Schlüsselfiguren der Entwicklung des Techno in seinen jüngsten Anfängen in den neunziger Jahren: zwanzig Jahren als Produzent, DJ und Labelchef – u.a. vom unumgänglichen Label CLR– um die verschiedenen Seelen, Geschwindigkeiten und Klänge jener Musikrichtung zu erkunden, an der sein Name in Deutschland unausbleiblich haftet. Sein Album „Evolution“ von 2003 zeugt von diesen klanglichen Geistesblitzen, die den unermüdlichen Frankfurter Musiker immer wieder antreiben: ein mitreißendes hypnotisches, quasi metallenes Empfinden. Für die Hörer seines beliebten Podcasts, denen das Eröffnungs-„It’s Monday…“ in den Ohren klingt wie der Glockenklang dem Pawlowschen Hund, ist der Moment gekommen, anlässlich seines Auftritts seine allgewaltige Orchestrierung zu erleben, die uns daran erinnert, warum Techno Teil unseres Lebens sein muss (!). Ein Interview mit einer Berühmtheit über die Entwicklung des Techno, seine Remix-„Manie“, sein Facebook-Profil und die unmögliche Suche nach Zufriedenheit.
Sie werden am 25. Januar in Montréal auflegen, draußen, im Winter bei -20°C , wo Leute in Skianzügen tanzen. Freuen Sie sich darauf?
Auf jeden Fall! Ich bin selbst ein leidenschaftlicher Skifahrer, deshalb kenne ich mich mit Skianzügen aus, und habe auch schon die langen Unterhosen und die dicken Schuhe eigepackt. Es ist nicht das erste Mal, dass ich bei sehr kühlen Temperaturen open air spiele, das habe ich schon bei diversen Schnee-Festivals in den Alpen getan, aber in Montreal kommt da natürlich noch mal eine zusätzliche Schippe Minusgrade drauf. Ich bin schon sehr gespannt und wir freuen uns alle darauf.
Seit mehr als 20 Jahren sind Sie in der Welt des Techno zu Hause. Wie hat sich Ihre Beziehung zu diesem Sound und seiner Szene weiterentwickelt?
Das ist das Schöne am Techno, und das habe ich auch schon von Anfang an gemerkt. Ich beziehe mich hier darauf, dass man sich in einer permanenten Weiterentwicklung befindet, und man irgendwie nie wirklich über einen längeren Zeitraum zufrieden und happy mit dem ist, was man selbst macht, was man spielt, wie man es spielt oder wie man die Musik quasi darbietet. Man ist permanent damit beschäftigt daran zu arbeiten wie man die Produktionen und auch das DJ-ing verbessern kann. Das macht unglaublich viel Spaß, und es steckt auch gerade beim Techno unglaublich viel Potential darin – dadurch, dass im Grunde genommen keine Grenzen existieren und sich die Musik auch prima dafür eignet mit Samples, Loops und Effekten zu arbeiten. Das kann man alles sehr schön als einzelner Künstler – also nicht notwendigerweise in einer Band, sondern als Solokünstler live umsetzen. Diese Entwicklung wird nie aufhören, und so lange ich Spaß daran habe – und ich habe schon seit 20 Jahren Spaß daran – so lange hoffe ich, dass auch die Leute die zuhören Spaß daran haben.
Chris Liebing - CLR Podcast 188 - 01-10-2012 by Mixing.Dj Livesets on Mixcloud
Ihre Auftritte bieten Ihnen den Anlass für eine wahre Orchestrierung zahlreicher raffinierter technischer Klangwerkzeuge. Welche Bedeutung sprechen Sie dem technischen Fortschritt im Bereich der elektronischen Musik zu?
Wie schon in meiner letzten Antwort angedeutet, hat gerade bei der elektronischen Musik die technische Entwicklung einen sehr hohen Stellenwert. Dieser Fortschritt ermöglicht es einem letztendlich das, was man eigentlich machen will, das was man an Klängen, Sounds und Atmosphären erzeugen will, tatsächlich in Echtzeit umzusetzen. Dinge, die vor fünfzehn Jahren mit Plattenspielern und einem einzelnen Mischpult noch nicht möglich waren, sind inzwischen durch auf Computern basierenden Systemen viel besser möglich. Die technische Entwicklung in Hinblick auf die elektronische Musik und die Darbietung elektronischer Musik geht Hand in Hand mit der Weiterentwicklung von Computern und Computerchips. Das führt manchmal zu überraschenden Entwicklungen und Möglichkeiten die man vorher gar nicht im Kopf hatte und die plötzlich gegeben sind – zum Beispiel Dinge wie Touchpads oder iPads, die man auf einmal zur Verfügung hat und integrieren kann. Das ist sehr spannend und die Bedeutung vom technischen Fortschritt – gerade in der elektronischen Musik – ist wirklich extrem hoch.
Sie haben bereits gesagt, dass die Produzenten Sie nicht ausstehen können, weil Sie nicht davon ablassen können ihr Stück zu verändern, wenn Sie es in Ihre Sets einbringen. Warum diese „Manie“?
Ich bin mir eigentlich gar nicht sicher, dass die mich nicht leiden können. Ich könnte mir nur grundsätzlich vorstellen, dass jemand der ein komplettes Stück arrangiert und das gerne auch so gespielt haben würde, wenn der zufällig in einem Club landet, in dem ich spiele und dort dieses von ihm produzierte Stück gerade quasi live remixe – indem ich etwas völlig anderes daraus mache – dass dieser Produzent das einfach nur als schmerzhaft empfindet. Zumindest stelle ich mir das so vor, gerade wenn er vielleicht ein totaler Purist ist. Man kann das eventuell auch eine Manie von mir nennen, und zwar kommt sie daher, dass ich immer das Gefühl habe, dass man noch ein kleines bisschen mehr rausholen kann. Ich denke immer, dass ich in die einzelnen Stücke noch wesentlich mehr hineininterpretieren, und quasi das hervorheben kann worauf meiner Meinung nach die Betonung liegen sollte, wenn es um eine bestimmte Atmosphäre geht, die ich erzeugen will. Die Schuld gebe ich natürlich nicht dem Produzenten, der hat sein Stück so produziert wie er das will, aber das Schöne an der elektronischen Musik ist wiederum, dass sie es mir überlässt, ob ich das so stehen lassen will, oder ob ich das, was ich in diesem Track höre noch einen Tick verbessern und in meinem Sinne verstärken möchte. Das passiert mir dauernd, und beim Spielen versuche ich das dann – was tatsächlich an eine Art von Manie grenzt – permanent hervorzuholen.
Anlässlich des 10-jährigen Bestehens des Labels CLR haben Sie seinen Namen in “Create Learn Realize” abgeändert, wodurch Sie Ihren Namen oder Ihr Ego gelöscht haben, wie Sie sagten. Warum war es wichtig, Sie auf diese Art und Weise „auszulöschen“ ?
Ich glaube mittlerweile, dass man sein Ego gar nicht auslöschen kann, man muss nur lernen damit zu leben und es quasi dazu disziplinieren, dass es sich unterordnet – dann hat man schon viel gewonnen. Was das Eliminieren des Egos im Label-Namen anging, hatte das eine besondere Bedeutung. Ich wollte auch den anderen Künstlern, die auf dem Label veröffentlichen einen gewissen Respekt zollen, und wollte niemandem auferlegen, dass die Veröffentlichung von einem seiner Musikstücke bei mir auch automatisch mit einer Promotion für meinen Namen einhergehen muss. Das fand ich nicht wirklich gerechtfertigt, deshalb wollte ich das ganze einfach auf neutralere Beine stellen.

In Ihrem Facebook-Profil kann man lesen : “Since then he (Chris Liebing) has never stopped working on his dj and production setup’s and has finally reached a point of complete satisfaction with his technical and artistic possibilities.“ Wenn Sie nun auf dieser Ebene von Zufriedenheit angelangt sind, wie sehen Sie der Zukunft entgegen?
So, das steht in meinem facebook-Profil, das ist hochinteressant zu lesen
Sie haben jede Menge Remixe veröffentlicht, u.A. erst letztens die wunderbaren „Lie Down In Darkness“ von Moby und „Man Made Machine“ von Motor. Vor dem Hintergrund Ihrer Kreationen: welche Bedeutung sprechen Sie dieser Arbeit zu?
Erstmal danke für die netten Worte, aber wenn es um Zufriedenheit geht, muss ich selbst sagen, dass ich mit den wenigsten meiner Remixe wirklich zufrieden bin. Ich müsste jetzt lange nachdenken mit welchem Remix, den ich gemacht habe ich wirklich zufrieden bin. In dem Moment, in dem ich sie gemacht habe, war ich natürlich irgendwann zufrieden, sonst hätte ich sie ja nie zu einem Abschluss gebracht und abgegeben. Aber wie das mit der Zufriedenheit so ist, denke ich dann immer einen Monat später – ach, hätte ich das doch ganz anders gemacht, das kommt nicht so rüber, wie ich es wollte. Im Grunde genommen fällt es mir ziemlich leicht eine Idee für einen Remix zu haben, wenn ich etwas höre, doch die Idee wird dann natürlich während des Entstehungsprozesses geformt, und ob das Endprodukt dann auch so ist wie ich es mir ursprünglich vorgestellt hatte, ist eine andere Frage. Ich denke mir immer, dass ich es doch eigentlich viel besser hätte machen können, oder dass ich es gerne viel besser können würde. Von daher muss ich sagen, dass ich noch einiges lernen und noch viel an mir arbeiten muss, bevor ich dieser Arbeit von mir eine größere Bedeutung zusprechen würde.
Wahrscheinlich kennen Sie schon das Nietzsche-Zitat „Ohne Musik wäre das Leben ein Irrtum“. Was halten Sie davon?^
Der gute Friedrich Nietzsche hat viele, viele sehr gute Zitate in seinem Leben hervorgebracht, und ich würde mal behaupten, dass er auch damit Recht hatte. Musik vereint uns Menschen auf einer ganz anderen Ebene als andere Dinge es tun könnten, weil es gemeinsame Gefühle erzeugt und definitiv einen höheren Grad der Einheit und der Zusammengehörigkeit fördert. Hätten wir das nicht – würde ich fast behaupten – wären wir vielleicht auch gar nicht mehr am Leben, von daher wäre das Leben ein Irrtum. Guter Mann!






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