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« À propos de... »

Überblog. Über-blog. « Über » en français, c'est « à propos de... ». Ce blogue est à propos de la culture allemande en général et de ses manifestations à Montréal. Il est donc über: la littérature, l'environnement, le cinéma, la vie quotidienne, la musique, Berlin, la politique, la langue allemande, etc. Über toutes ces choses qui fascinent le Goethe-Institut de Montréal et les rédacteurs enthousiastes de ce blogue à couleur verte.

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Jeudi, 30. juin 2011

La guerre en image. Über les journalistes et photographes de guerre tués sur le terrain

Tim Hetherington, pour Vanity Fair – World Press Photo of the Year 2007 – "American soldier resting at bunker", Korengal Valley, Afghanistan
Il y a un mois, les photographes Tim Hetherington, Chris Hondros et Anton Hammerl furent tués en Libye par les balles du régime en crise de Gadhafi. La journaliste allemande et grande reporter de guerre Carolin Emcke leur rendit un vibrant hommage. Celui-ci pris la forme d’une dénonciation des préjugés qui entourent les journalistes et les photographes de guerre : non, ils ne sont pas dépendants des sensations fortes que procure le danger de prendre part à un conflit armé, de vivre au quotidien la violence d’une guerre. Non, ils ne sont pas fascinés par la mort et cyniques à un point tel qu’ils demeurent immunisés contre la souffrance de leurs semblables.

Dégoutée par ces opinions, Emcke précise qu’au contraire ces hommes et ces femmes sont animés d'un vaste élan humanitaire et pacifiste. Ces journalistes veulent témoigner des horreurs qu’engendre la guerre et de ces vies qu’elle affecte et perturbe à un degré inimaginable. Ils veulent donner un visage à ces hommes, à ces femmes et ces enfants victimes de la guerre. Ils veulent nous rendre ce conflit visible, imag-inable, tout en souhaitant ardemment qu’il cesse. Mais est-ce seulement possible ? Quelle photo peut bien rendre compte d’un conflit, exprimer une guerre ? Peut-on espérer quelque chose d’une telle photo ?

Il s’agit là, souligne la journaliste, d’une recherche impossible et toujours à recommencer :
"Viele, die über Kriege berichten, lassen auch nicht ab von dieser Arbeit, weil das eigene Versagen sie umtreibt, das Gefühl, die furchtbare Wirklichkeit des Krieges nicht angemessen abgebildet zu haben. So bleibt die unerfüllte Suche nach dem richtigen Bild, dem einen richtigen Ausdruck, der das sinnlose Sterben vielleicht beenden könnte und den es nie geben wird."

"Ceux qui informent sur la guerre ne renoncent pas à ce travail parce que l’échec les hante, ce sentiment de ne pas avoir représenté adéquatement la terrible réalité de la guerre. Ainsi tout ce qui reste est la quête inassouvie de l’image exacte, de l’expression exacte, de celle qui pourrait peut-être mettre un terme à cette mort insensée, de celle qui ne se révélera jamais."

Cet hommage de Carolin Emcke est un hommage à ceux et celles qui, animés d'un idéal de paix, veulent rendre montrer l’autre réalité de la guerre, celle dissimulée derrière les images aseptisées et véhiculées par les grands médias, celle présente derrière les justifications du justus bellum invoquées par des politiciens et intellectuels aux intérêts mal dissimulés et logés à mille lieux du conflit. C'est hommage est un plaidoyer contre la guerre. Contre ceux qui la font recommencer et qui la perpétue; encore et toujours. Contre ceux devenus indifférents à sa réalité cauchemardesque.

"Wer in Länder voll Tod und Zerstörung reist, den widert Krieg an; wer nicht nachlassen kann, jeden Krieg wieder neu zu dokumentieren, der kann sich nicht daran gewöhnen, dass Unrecht und Gewalt uns selbstverständlich oder gewöhnlich erscheinen sollen."

"Qui voyage dans des pays où règne la mort et la destruction est révulsé par la guerre ; qui ne peut s’arrêter de documenter chaque guerre, celui-là ne peut s’habituer à ce que la violence et l’injustice nous apparaissent comme quelque chose de compréhensible et de banal."

Jeudi, 19. mai 2011

La liste d’Allemagne. Über ce que pense l’Europe de l’Allemagne

Durant deux mois, le Goethe-Institut a interrogé ses voisins européens : quel est votre regard sur l'Allemagne ? Quels sont à vos yeux les personnalités et les inventions les plus importantes, les morceaux de musique les plus beaux ? Qu'est-ce qui vous plaît et vous déplaît le plus en Allemagne ?

Plus de 13 000 personnes issues de 18 pays européens ont répondu au sondage en ligne La liste d'Allemagne - d’Helsinki à Istanbul en passant par Lisbonne et Minsk.

Hors des réponses « classiques » de nombreux participants ont fait preuve d’humour et donné des points de vue inhabituels… quelques réponses vraiment créatives et drôles :

Qui est selon vous l’Allemand le plus important (/l’Allemande la plus importante) ?
-Goethe, poète, romancier, dramaturge, avocat, diplomate, scientifique… Existe-t-il quelqu'un qui fut plus que lui ? (Espagne)
-Le plus grand Allemand est mon papa. (Italie)

Quel est selon vous le meilleur livre en langue allemande ?
-Le dictionnaire Langenscheidt. Sans lui, je ne pourrais pas comprendre d'autres livres allemands. (Biélorussie)
-Sans hésitation : les contes de Grimm car même les enfants du XXIe siècle les connaissent. (Lettonie)

Quel est selon vous le monument allemand le plus important ?
-Chaque brasserie (Hongrie)
-L'autoroute (Slovénie)

Quelle est selon vous l’invention allemande la plus importante ?
-La currywurst ! (Grèce)
-Les Allemands (Italie)

Qu’est-ce qui vous déplaît particulièrement dans l’Allemagne ?
-La grammaire allemande (Lettonie)
-La popularité de David Hasselhoff en Allemagne (Grande-Bretagne)
-Trop de boulangeries : c'est tentant mais mauvais pour la ligne. (Estonie)
-La nudité dans les saunas (Hongrie)

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans l’Allemagne ?
-Que les Allemands respectent les feux de signalisation. (Espagne)
-Les marchés de Noël (Lettonie)


Vous trouverez tous les résultats sur les pages suivantes :
“The Deutschland List”: Einstein and the Dowel
La liste d'Allemagne

Viel Spaß !

Vendredi, 13. mai 2011

Le design sous haute-tension. Über l’esthétique du pylône

Le champ de possibilités du design est (presque) infini. Chaque création d'objet, quel qu'il soit, peut être réfléchie de manière à intégrer le design dans sa conception. Pour n'importe quel objet, dis-je ? N'importe-quel, vraiment ? Oui. Chaque nouvelle percée du design dans un domaine qui m'avait semblé jusqu'alors inapplicable à toute question de design me rend heureux et légèrement pantois à la fois. A tout coup, je me dis :
1/ bravo! enfin du design en ce domaine!
2/ mais pourquoi n'y a-t-on pas pensé avant ?

La dernière surprise de ce genre est survenue alors que je lisais le magazine allemand Der Spiegel. Un article, "Macht der Schönheit" (Le pouvoir de la beauté) m'a fait découvrir un domaine où le design a réussi à se faufiler : le pylône servant à transporter les conducteurs de lignes à haute tension. Stupéfiant, non ? L'article parle des réussites, mais aussi des combats, de l'architecte danois Erik Bystrup pour qui les pylônes aussi peuvent être élégants et beaux. Il parle même d'une esthétique du pylône (Ästhetik des Strommastes)! Dans celle-ci, précise-t-il, l'élément le plus important est sa quasi-invisibilité qui peut être obtenue en réfléchissant la lumière du soleil. Un pylône invisible : mais bien sûr... il fallait juste y penser ! Les simulations présentées sont à faire rêver; sérieusement.

L'article est disponible en anglais, ici. En souhaitant que quelqu'un à Hydro-Québec lise le Spiegel... ou le Überblog!

Lundi, 9. mai 2011

Le rebel de Dieu. Über la vie de Jésus comprise comme révolutionnaire

Pour signifier avec aplomb votre fibre révolutionnaire sur un T-Shirt, vous pouvez dorénavant compter sur une autre figure que Che Guevara. Ecce homo, voici l'homme et avec lui votre signifiant révolutionnaire : Jésus.
Le Spiegel titrait il y a deux semaines avec cette superbe couverture : "Le rebel de Dieu. Quand le Christ défia Rome." Sentez le regard, l'attitude de ce Christ avec sa Sainte couronne d'épines représenté en noir sur un fond rouge vif/anarchiste ! Jésus le provocateur et l'engagé... Nous sommes loin de l'image traditionnelle du Christ telle que véhiculée par l'église au cours des siècles et des siècles (Amen).

C'est d'ailleurs ce sur quoi porte le long article du magazine allemand. Les derniers travaux réalisés par des théologiens et historiens tendent à questionner l'histoire et donc l'image qui nous est parvenue du Christ. Plusieurs chercheurs soupçonnent en effet que l'histoire de la vie de Jésus fut, disons, idéalisée et maquillée : "Die Lebengeschichte Jesus, so Ihr Verdacht, wurde verklärt und umfrisiert." L'auteur britannique Nick Page invite à découvrir le Jésus "historique" caché sous des couches épaisses d'iconographies dévotes et pieuses. Gerd Theißen parle de Jésus et d'apôtres comme des partisans de Dieu luttant avec une morale agressive contre les puissants. Bref, exit le Jésus aux yeux doux et au coeur débordant d'amour, entouré d'enfants et de brebis au milieu d'un champs illuminé et paisible.

Jeudi, 24. février 2011

„Das ist megamässig abgespaced !" Über être cool en allemand

La BBC a mis en ligne un site très cool : Cool German. Ou l’allemand tel que parlé sur la rue ; street level. On y retrouve les expressions colorées des rues de Berlin, Hambourg, Münich et ailleurs en Allemagne. Une explication de l’expression est présentée (en anglais), à quel moment et avec quel geste l’utiliser sont aussi précisés. Une échelle de vulgarité fut établie (ah la BBC…) afin de ne pas se retrouver en situation "pas cool" : X = familière, XX = très familière, XXX = vulgaire. De plus, chaque expression est lue à voix haute, ce qui permet d’avoir le bon ton. Connaître l’expression est cool, mais bien la prononcer l’est encore plus !
Voici nos coups de cœur et une tentative de traduction libre et… cool !
Catégorie « Humeur »
« Alles Banane ! » Tout est banane ! Ce qui veut dire, tout va bien, tout es ok. Pas de souci.
« Ich bin total fertig »* Je suis complètement fini ! Comprendre ici, je suis épuisé.
« Ich hab so’n Hals »** J’ai tellement un cou là ! Vous êtes tellement fâché que la glande lymphatique de votre cou coule...

Catégorie « Boisson »
Vorglühen. Faire un pré-party, se réchauffer. Ce soir on va chez K « vorglühen ». C’est chez K. que l’on va se réchauffer, se faire un petit « warm-up » avant de vraiment fêter.

Catégorie « Musique »
« Das ist krass/fett ! »** C’est énorme, c’est gras ! Pas besoin ici d’en rajouter.
« Das ist megamässig abgespaced ! »** C’est complètement un autre monde/out of space ! Notez ici le « méga » et surtout le « spaced » emprunté à l’anglais puis intégré à la grammaire allemande. Trop cool !

Les sections portant sur la santé, l’argent et la famille contiennent de véritables trésors linguistiques. La BBC a par ailleurs produit le même type de site pour les langues italienne, espagnole et française (excellent pour parfaire votre verlan !) C’est trop too much !

Lundi, 15. novembre 2010

La parole aux femmes. Über une publicité du magazine Stern

Wir berichten von dort, wo Frauen nichts zu sagen haben
Dans la même édition que l'article de Thomas Assheuer mentionné dans notre avant dernière publication, on retrouve cette publicité du magazine d'actualités allemand Stern. On peut voir une femme voilée en rouge, le doigt sur la bouche (aussi voilée...) pour inviter au silence, superposée à la chancelière allemande Angela Merkel, l'index droit bien haut, signe d'autorité indubitable. A leur gauche, le texte suivant:

"Wir berichten von dort, wo Frauen nichts zu sagen haben.
Und von dort, wo Frauen den Ton angeben"

"Nous informons à partir d'endroits, où les femmes n'ont rien à dire.
Et d'endroits, où les femmes font autorité."

Publicité surprenante et provocante tant par l'image que par les mots, n'est-ce pas?

Vendredi, 5. novembre 2010

Intégration: entre droits et culture. Über "Die neuen Feinde" von Thomas Assheuer

Pour ceux et celles qui s'intéressent à la question de l'intégration des immigrants dans leur société d'accueil, l'article paru dans l'hebdomadaire Die Zeit du critique et éditorialiste allemand Thomas Assheuer est incontournable.


Depuis quelques mois l'Allemagne est secouée par l'intensification du débat sur l'intégration des immigrants (particulièrement ceux ayant l'islam pour religion). Ce débat a pris une tournure, selon Assheuer, pour le moins radicale. Dans son article, l'auteur revient sur la déclaration du ministre bavarois Horst Seehofer qui prône la nécessité de maintenir en Allemagne l'unité de la culture et des valeurs héritées de la religion judéo-chrétienne (christlich-jüdische Leitkultur) en favorisant avant tout l'immigration de personnes partageant ces valeurs. Cette affirmation est pour Assheuer le signe d'un dangeureux tournant dans le débat social portant sur les questions d'immigration, de communauté de valeurs (Wertegemeinschaft) et de la culture de référence (Leitkultur) en Allemagne. Elle pose l'islam et le musulman comme de véritables menaces pour le maintien de la société allemande. D'où le titre de l'article: "Die neuen Feinde", les nouveaux ennemis... Mais que se passe-t-il donc avec les droits des nouveaux citoyens? La religion redevient-elle une valeur et un droit dans la définition de ce qu'est un citoyen?


Pour Assheuer la réponse est malheureusement oui. Il s'agit rien de moins que d'une lente introduction de l'appartenance culturelle dans la définition de l'égalité des nouveaux citoyens devant le droit. L'égalité tend à devenir dépendante de l'appartenance culturelle, alors que cette dernière est normalement exclue de la définition même de l'égalité. Thomas Assheuer cite le juriste allemand Ulrich K. Preuß qui dénonce cet amalgame de deux éléments pourtant distincts et qui fait qu'en bout de ligne, l'immigrant différent devient un citoyen de deuxième classe, toléré plutôt que perçu et intégré de manière égale. "Sie sind nur Geduldete, für sie geltens höchstens die Grenzen der Toleranz, aber nicht die Schranken des Rechts." L'immigrant devient ainsi encadré non pas par le droit, mais bien par les limites de la tolérance et une définition de valeurs culturelles communes construite par la société d'accueil. Pour l'auteur, cela n'ajoute rien de positif à un débat déjà très tendu.

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