
Dans une entrevue expliquant son dernier album réalisé en grande partie au Mexique, Sascha Ring a confié ne plus chercher à ce que son public danse. L’objectif poursuivi en studio était tout autre : beaucoup moins électronique, plus « humain » et davantage acoustique. Sur la scène, le Apparat Band ne ménage pas ses moyens pour maintenir cette visée. Entouré de musiciens qui semblent en avoir vu d’autres, Apparat se donne complètement dans son rôle de chanteur pleinement assumé. Plusieurs longs solos mélangeant synthétiseurs, percussions et guitares ont ponctué la performance, non sans créer un effet d’entraînement dans une foule réchauffée auparavant par le sompteux dark disco de DKMD et les beats soulevés par les synthétiseurs prenants de Blondes.
On s’est aussi réjoui du tonus apporté à plusieurs chansons de l’album qui résonnent avec ce trop plein de sentiments presque gênant. La chanson inédite « I’ll kill you » donnait une impression plus musclée de cet Apparat nouveau, alors qu’on a greffé sur un autre morceau des accents et des sonorités dubstep bien sentis. Après un milieu ponctué par le morceau ash black veil, la grande finale pour le moins prévisible avec Black Water, cette autre pièce-phare de l’album, a mis fin à la représentation du chanteur; un habitué de MUTEK mais sous un tout autre costume musical.
Une transformation annoncée
Jusqu’à aujourd’hui, on a pu entendre la voix de l’artiste percer en partie les fabuleux beats issus de sa collaboration fructueuse avec Modeselektor (Moderat, 2008). L’album solo «Walls» sorti en 2007 sur la vigoureuse étiquette Shitkatapult marquait également une avancée dans le parcours du chanteur: sa voix émergeait dans un drôle de moitié-moitié annonciateur.
Le chant d’Apparat se retrouve d’abord fort et engagé sur des constructions chargées et pleines de ce spleen numérique propre à sa signature (Hailing form the Edge, Holdon). Ensuite, la voix émerge dans des compositions plus douces, tendres et volant de cette harmonie conciliatrice repérable dans ce pop de qualité (Birds, Head up). Apparat a avoué dans une entrevue avoir détesté ce terme utilisé alors par les critiques pour qualifier l’album « Walls ». Maintenant, ce refus est bien oublié. « I don’t care now! », lance-t-il confiant.
Avec «The Devil’s Walk», on s’évade, on fuit sur la voix bien maîtrisée d’un Apparat épris d’un romantisme parfois léger, parfois plus déchiré. Un premier album, un premier chant affiché sur des compositions musicales excellentes – c’est là, comme toujours, la grande force d’Apparat. La critique est divisée et on attendra d’écouter la suite; si suite il y a.





Lyonel Feininger (1871-1956), un artiste aux talents multiples : dessinateur, peintre, photographe et musicien. La rétrospective, la première en Amérique du Nord depuis 50 ans, que lui consacre le 







Le techno de Marcel Dettmann est un envoûtant parfum sombre et inquiétant. C’est d’ailleurs là tout le charme du son dettmannien: une structure au beat clinique et métrique avec des sonorités rêveuses et hypnotiques qui nous laissent errer, divaguer, nous perdre dans une atmosphère contagieuse et stroboscopique; parfois plus gaie, parfois plus austère.