Überblog. Über-blog. « Über » en français, c'est « à propos de... ». Ce blogue est à propos de la culture allemande en général et de ses manifestations à Montréal. Il est donc über: la littérature, l'environnement, le cinéma, la vie quotidienne, la musique, Berlin, la politique, la langue allemande, etc. Über toutes ces choses qui fascinent le Goethe-Institut de Montréal et les rédacteurs enthousiastes de ce blogue à couleur verte.
Jetzt ist aber Feierabend! Expression consacrée en Allemagne qui marque la fin de la journée de travail, elle réunit dans une étymologie particulière les mots « cérémonie » et « soirée ». L’équivalent français « c’est terminé pour aujourd’hui » ne rend pas tout à fait l’élément festif inclus dans l’expression germanique : cette réjouissance liée à la fin du labeur et, surtout, à l’avènement d’une soirée détendue et libre d’obligations; pour peu que l’on respecte l’esprit du Feierabend et qu'on porte ses Puschen.
Les Allemands ont une relation particulière, voire contradictoire avec leurs « Puschen », leurs pantoufles. On exprime par « in die Puschen kommen » (invitation à enfiler ses pantoufles) un appel à s’activer ou à se dépêcher pour terminer quelque chose. À l’inverse, « nicht aus den Puschen kommen » signifie littéralement ne plus pouvoir retirer ses pantoufles tellement l’état de relaxation et d’inactivité est savoureux. Un état que de plus en plus d’Allemands cherchent à atteindre lors du Feierabend.
Dans son article « Puschendeutschland » (l’Allemagne en pantoufles) paru dans l'hebdomadaire Die Zeit, Anne Kunze parle littéralement d’une « déséconomisation de la fin de journée » (Deökonomisierung des Feierabends). Terminé cette habitude de ne plus séparer le temps libre de celui du travail ! Une fois à la maison, exit le boulot, l’économie productive et vivement le « nicht aus den Puschen kommen ». Enfin, plus facile à dire qu’à faire. Dans notre culture contemporaine, où la définition de soi est attachée à la réalisation professionnelle, difficile de s’arrêter réellement : sans texto, sans « to-do list », ni courriels ni Facebook pour simplement s’adonner à des loisirs, sans rien chercher à « accomplir » per se. Mission impossible ?
Nichtstun
Pas pour les Allemands (du moins, certains d’entre-eux). Pour l’année 2012, un sondage de la Fondation des études futures (Stiftung der Zukunftsfragen), spécialisée dans l’analyse des activités des Allemands, indique que 48% des répondants pratiquent au moins une fois par semaine le « paresser/ne rien faire » (Faulenzen/Nichtstun); en 2007, ils étaient 39%. Également, « se perdre dans ses pensées » (seinen Gedanken nachgehen) apparaît pour la première fois dans le top 10 des activités favorites.
En Allemagne, on n’hésite pas à parler d’un changement de mentalité. L’Allemand se consacre de plus en plus à la détente, c’est-à-dire qu’une grande partie de ses temps libres ne sont plus consacrés à l’expression de soi par l’entremise d’activités dynamiques. C’est d’ailleurs l’industrie de la relaxation (Feierabendindustrie) qui en tire profit. Massage, bain flottants et tutti quanti relaxants volent le marché aux autres sphères d’activités « excitantes » pour environ 80 milliards d’Euro (105 MM$) annuellement.
Pour le journaliste scientifique Ulrich Schnabel, auteur du best-seller Muße: Vom Glück des Nichtstuns (Tout à loisir : le bonheur de ne rien faire), le cerveau nécessite ces relaxations cognitives, ces moments de loisir qui, précise-t-il dans une entrevue au journal taz, « détiennent une valeur en soi et qui ne dépendent pas de la logique d’utilisation moderne (Verwertungslogik) ». D’ailleurs, c’est la créativité de tous et chacun qui en bénéficie le plus. À ce sujet, les études sont catégoriques : plus le cerveau est « libre » et récompensé avec des moments de détente, plus il est créatif. Newton n’a-t-il pas découvert la théorie de la gravitation assis sous un arbre, à ne rien faire sauf à laisser ses pensées vagabonder ?
Le philosophe allemand Peter Sloterdijk mentionne dans Eurotaoismus. Zur Kritik der politischen Kinetik (La mobilisation infinie), une critique du concept de l’activité et de la mobilisation en Occident : « Celui qui connaît la signification du repos, celui-là seul possède un critère de la bonne mobilité. » La bonne vie : d’abord une question de mobilité et de repos. Ainsi, apprendre à bien se mouvoir, c’est d’abord commencer par connaître la signification de la détente et reconnaître la valeur de l’expression de soi par delà le travail; fidèle en cela à l’esprit du Feierabend. Alors « vite », à vos pantoufles !
Davantage sur le sujet :
-Tim Kreider appelle le « busy trap», le trou de l’occupation sans arrêt (en anglais).
-Vidéo sur l'auteur de Muße: Vom Glück des Nichtstuns de Ulrich Schnabel (en allemand)
« La lumière s’est intensifiée dans les yeux de mon double digital. »
Les racines du mal, Gallimard, 1995
Hier soir; pit-stop rapide à l’épicerie la plus abordable de la rue St-Laurent. J’ouvre la porte d’un grand coup et au même moment retenti une voix à peine audible : « Monsieur… ». Brusquement, encore énervé de cet espresso trop fort, je me retourne, circonscris l’homme, ses signes et comprends que mon gant est tombé par terre. Alors que je me précipite pour le ramasser en verbalisant un bref remerciement sonore, je réalise, avec quelques secondes de décalage cognitif, que ce visage est nul autre que celui de l’écrivain Maurice G. Dantec, cyberpunk, icône de la littérature de science-fiction et essayiste polémique.
Je me redresse et m’exclame, souriant et insistant: « Merci monsieur… Dantec. » À la fois surpris et maîtrisé, il ne sait quoi répondre tout comme moi je ne sais quoi rajouter. Il lance mi-sourire, un poli et faible « Ah! Bonjour à vous ». Doux comme un oiseau, sans ses célèbres lunettes noires, coiffé d’une tuque, vêtu d’un manteau et pantalons simples et amples, il m’est apparu comme un gentil monsieur avec cette voix tremblante propre aux vieux, devenus incertains devant les jeunes; un homme tranquille durant une balade de fin journée. On se regarde brièvement. Pressé, je le laisse filer pendant que je retourne à mon épicerie.
Un tout autre homme, ce Dantec d’aujourd’hui. Rien à voir avec celui croisé par hasard à la Bouquinerie du Plateau il y a longtemps et, quelques années plus tard, abordé sur la rue Mont-Royal. Lors de cette rencontre, arrêté dans son élan, il avait reculé d’un pas avant de me demander un qui-êtes-vous sec et direct. Méfiant et bien caché derrière ses verres fumés, Dantec m’apparut avec son perfecto noir et ses jeans noires comme un personnage de ses romans : grand maigre, à haute intensité palpable, halluciné d’une sociopolitique singulière, chirurgical, presque possédé comme le dernier homme Andreas Schaltzmann de son Les racines du mal.
Une fois rassuré, il me raconta à haut débit, postillonnant d’intensité, des histoires de rencontres qui avaient mal tourné et celles de mosquées cachées à Montréal. C’était l’époque de Villa Vortex, le dernier livre que je l’ai lu de lui. « Il faut lire Nietzsche au complet; personne ne l’a lu au complet », avait-il précisé entre deux rapides analyses philosophico-politiques.
Je regarde son site web et visiblement ce n’est pas le même personnage, à un point tel que je doute de ma rencontre d’hier. Mon intuition me rassure cependant : c’est bien lui, mais l’homme à mi-chemin entre ses personnages imaginés, celui derrière l’écrivain et son image d’écrivain. Son regard me revient: entre quiétude et fulgurance, celui endommagé par l’usure de tant d’écriture, de tous ces isolements nécessaires, de disputes, d’excès, de ces délires métaphysiques et universels, de science et de fiction. Un regard pareil, peut-être, à celui du dernier Nietzsche, illuminé de la découverte de l’éternel retour, calmé par son énigme et sensible à tous ces devenirs philosophiques; ce regard avant qu’il aperçoive à Turin ce cheval battu, fonde en larme et se perde dans une folie sans fin. Un regard de 3e type.
(Die deutsche Version folgt unten)
Une tradition, c’est une tradition. Pour notre plus grande joie, la dernière soirée d’Igloofest est consacrée à la musique techno. Bien entendu, qui pense musique techno pense aussitôt à l’Al… (devinez le reste!). La grande finale de l'édition passée s’est avérée magistrale avec la performance démente du duo berlinois Ben Klock et Marcel Dettmann; cette année le sera tout autant avec au menu les 5 étoiles de Tommy Four Seven et surtout de la légende Chris Liebing. Tout simplement : «Achtung !»
Parler de Chris Liebing, c’est évoquer un acteur-clé de l’évolution du techno depuis ses débuts dans les années 90 : vingt ans derrière les masques de producteur, DJ et directeur d’étiquettes, dont l’incontournable CLR, à explorer les différentes âmes, vitesses et sonorités de ce genre musical auquel son nom est immanquablement associé en Allemagne. Son album Evolution publié en 2003 témoigne de cette fulgurance sonore qui anime toujours cet infatigable musicien de Francfort : une sensibilité féroce, hypnotique, quasi métallique. Aux abonnés de son populaire podcast pour qui le « It’s Monday… » inaugural sonne à leurs oreilles comme la clochette au chien de Pavlov, le moment est venu de ressentir son orchestration toute puissante lors d’une performance qui nous rappellera pourquoi le techno doit faire partie de notre vie (!). Entrevue Q/R avec un monstre sacré au sujet de l'évolution du techno, sa « manie » du remix, son profil Facebook et de la quête impossible de la satisfaction.
Igloofest à Montréal signifie performer dehors à -20°C devant des milliers de personnes en habit de ski. Avez-vous hâte ?
Bien sûr! Il faut dire que je suis un passionné de ski alors les habits de ski, ça me connaît! Ma valise contient déjà de longs sous-vêtements ainsi que mes bottes. J’ai déjà performé en hiver lors de festivals dans les Alpes, mais à Montréal il y a quand même plusieurs degrés en moins... Je m’en réjouis ainsi que mes collègues!
Vous baignez dans le monde de la musique techno depuis plus de vingt ans. Comment a évolué votre relation avec cette scène musicale et ce son particuliers ?
Ce qui est bien avec le techno et que j’ai remarqué depuis le tout début consiste à se trouver constamment en évolution. On n’est jamais vraiment satisfait et content pour longtemps avec ce que l’on produit, ce que l’on joue, comment on le joue et de ce que la musique même à offrir. On travaille de manière permanente à améliorer nos productions et notre DJ-ing. Cela procure beaucoup de plaisir! Le techno a d'ailleurs un énorme potentiel caché, voire aucune limite à ce que l’on peut créer en terme d’effets, d’échantillonnages (samplings) et de boucles (loops). Cette évolution ne cessera pas! Aussi longtemps que j’éprouverai du plaisir –et cela fait 20 ans que j’en ai-, aussi longtemps j’espère que les auditeurs en éprouveront.
Vos performances sont l’occasion pour vous d’une véritable orchestration avec de nombreux équipements techniques sophistiqués. Quelle importance accordez-vous au progrès technologique réalisé dans le domaine de la musique électronique ?
Comme je disais, l’évolution en musique électronique occupe une très grande importance. Ce progrès permet de traduire dans la réalité ce que l’on veut exprimer en termes de son et d’atmosphère. Il y a quinze ans, ce qui était impossible à créer avec de simples tables tournantes et un seul mixer, l’est aujourd’hui grâce aux systèmes assistés par ordinateur. Avec la musique électronique, l’évolution technologique et la prestation musicale vont de pair avec l’évolution des ordinateurs. Cela produit des développements surprenants et auxquels on aurait jamais pensés, par exemple l’utilisation de Touchpad ou de Ipad. C’est très stimulant!
Vous avez déjà dit que les producteurs vous détestent parce que vous ne pouvez pas vous empêcher de modifier leur morceau lorsque vous les insérez dans vos sets. Pourquoi cette « manie » chez vous ?
En fait, je ne suis pas certain qu’ils me trouvent insupportable. Je peux seulement m’imaginer qu’un producteur souffrirait d’entendre dans un club son morceau remixé radicalement lors de ma performance, alors qu’il l’a ajusté de la façon dont il aimerait qu’il sonne et soit entendu. C’est ce que je m’imagine, du moins s’il était un vrai puriste. Cette « manie » provient de mon impression à pouvoir soutirer davantage d’un morceau. Je tends à réinterpréter tous les morceaux, à placer l’accent là où je crois qu’il devrait être et à les remanier de façon à engendrer l’atmosphère recherchée. Ce n’est pas la faute au producteur, qui a fait ce dont il avait envie ! La beauté avec la musique électronique réside dans cette possibilité qu’elle m’offre de laisser les choses comme elles sont ou de les arranger à ma manière. C'est constant chez moi même lorsque je performe, j’essaie de mettre de l'avant cette « manie » de vouloir tout perfectionner.
Lors des 10 ans de l’étiquette CLR, vous avez changé son nom « Chris Liebing Records » pour « Create Learn Realize », effaçant du coup votre nom ou votre égo, comme vous avez mentionné. Pourquoi était-ce important de vous « effacer » ainsi ?
Je ne pense pas que l’on puisse effacer complètement son égo. On doit simplement apprendre à vivre avec et le discipliner – si on réussit ça, on aura gagné beaucoup! Le retrait de mon nom de l’étiquette tient au fait que je désirais publier d’autres musiciens et leur témoigner un certain respect. Je ne tenais pas à ce que leur travail contribue également à la publicité de mon nom ! Maintenant, tout apparaît plus neutre et plus juste.
Votre profil Facebook mentionne : « Since then he (Chris Liebing) has never stopped working on his dj and production setup’s and has finally reached a point of complete satisfaction with his technical and artistic possibilities. » Rendu à ce niveau de satisfaction, comment envisagez-vous l’avenir ?
C’est ce qu’on trouve sur mon profil Facebook… Ça, c’est intéressant! Il me faut le regarder plus attentivement et redéfinir ce passage! Je dois avouer, ainsi que je l’ai mentionné, que ce stade de satisfaction totale ne dure pas longtemps. Ce qu’on a atteint, on veut le transformer assez rapidement. Bien entendu, on est souvent content du travail réalisé; mais ce contentement disparaît assez vite et de cette disparaition naît l’ambition de s’améliorer constamment. Une telle satisfaction éliminerait en quelque sorte cette ambition et je ne veux pas ça – en fait, personne ne souhaite ça!
Vous avec publié une tonne de remix dont dernièrement les excellents « Lie Down In Darkness » de Moby et « Man Made Machine » de Motor. Quelle place occupe ce travail par rapport à vos créations?
Tout d’abord, merci! En ce qui concerne mes remix, je dois admettre que ne je suis comblé qu’avec seulement quelques-uns d’entre eux. Lesquels? Je devrais y réfléchir longuement. Lorsque j’entends un morceau, l’idée d’un remix me vient assez facilement. Si le produit final détonne souvent de l’idée originale est une autre question. Une fois qu’un remix est terminé, j’en suis content sinon je n’arrêterais jamais d’y travailler! Toutefois, un mois plus tard, je me dis que j’aurais pu faire ceci ou cela autrement et je pense sans cesse que j’aurais pu mieux le réaliser. J'ai donc encore des choses à apprendre avant de dire que remixer à une grande importance pour moi.
Le philosophe allemand Nietzsche a écrit: « Sans la musique, la vie serait une erreur. » Qu’en dites-vous?
Cet aimable Nietzsche a écrit beaucoup, mais beaucoup de bonnes choses dans sa vie et j'oserais croire qu'il a ici encore raison. La musique réunit les hommes à un tout autre niveau, inatteignable par d'autres moyens, parce qu'elle génère des sentiments partagés et cultive justement un haut degré d'unité et d'appartenance. Si nous étions dépourvus de tout cela, je crois que nous ne serions même plus en vie!
„Sind Sie zufrieden, Herr Liebing?“? Interview mit Chris Liebing beim Igloofest 2013
Tradition ist eben Tradition. Zu unserer großen Freude ist der letzte Abend des Igloofestes der Technomusik gewidmet. Wer an Technomusik denkt, denkt selbstverständlich sofort auch an Deu…. (den Rest müsst ihr erraten). Nachdem sich mit der abgedrehten Performance des Berliner Duos Ben Klock und Marcel Dettmann das große Finale der vergangenen Ausgabe als absolut meisterhaft erwiesen hat, wird es das dieses Jahr mit dem Besten von Tommy Four Seven und vor allen Dingen vom legendären Chris Liebing ebenfalls sein. Ganz einfach: „Achtung!“
Wenn man von Chris Liebing spricht, spricht man von einer der Schlüsselfiguren der Entwicklung des Techno in seinen jüngsten Anfängen in den neunziger Jahren: zwanzig Jahren als Produzent, DJ und Labelchef – u.a. vom unumgänglichen Label CLR– um die verschiedenen Seelen, Geschwindigkeiten und Klänge jener Musikrichtung zu erkunden, an der sein Name in Deutschland unausbleiblich haftet. Sein Album „Evolution“ von 2003 zeugt von diesen klanglichen Geistesblitzen, die den unermüdlichen Frankfurter Musiker immer wieder antreiben: ein mitreißendes hypnotisches, quasi metallenes Empfinden. Für die Hörer seines beliebten Podcasts, denen das Eröffnungs-„It’s Monday…“ in den Ohren klingt wie der Glockenklang dem Pawlowschen Hund, ist der Moment gekommen, anlässlich seines Auftritts seine allgewaltige Orchestrierung zu erleben, die uns daran erinnert, warum Techno Teil unseres Lebens sein muss (!). Ein Interview mit einer Berühmtheit über die Entwicklung des Techno, seine Remix-„Manie“, sein Facebook-Profil und die unmögliche Suche nach Zufriedenheit.
Sie werden am 25. Januar in Montréal auflegen, draußen, im Winter bei -20°C , wo Leute in Skianzügen tanzen. Freuen Sie sich darauf?
Auf jeden Fall! Ich bin selbst ein leidenschaftlicher Skifahrer, deshalb kenne ich mich mit Skianzügen aus, und habe auch schon die langen Unterhosen und die dicken Schuhe eigepackt. Es ist nicht das erste Mal, dass ich bei sehr kühlen Temperaturen open air spiele, das habe ich schon bei diversen Schnee-Festivals in den Alpen getan, aber in Montreal kommt da natürlich noch mal eine zusätzliche Schippe Minusgrade drauf. Ich bin schon sehr gespannt und wir freuen uns alle darauf.
Seit mehr als 20 Jahren sind Sie in der Welt des Techno zu Hause. Wie hat sich Ihre Beziehung zu diesem Sound und seiner Szene weiterentwickelt?
Das ist das Schöne am Techno, und das habe ich auch schon von Anfang an gemerkt. Ich beziehe mich hier darauf, dass man sich in einer permanenten Weiterentwicklung befindet, und man irgendwie nie wirklich über einen längeren Zeitraum zufrieden und happy mit dem ist, was man selbst macht, was man spielt, wie man es spielt oder wie man die Musik quasi darbietet. Man ist permanent damit beschäftigt daran zu arbeiten wie man die Produktionen und auch das DJ-ing verbessern kann. Das macht unglaublich viel Spaß, und es steckt auch gerade beim Techno unglaublich viel Potential darin – dadurch, dass im Grunde genommen keine Grenzen existieren und sich die Musik auch prima dafür eignet mit Samples, Loops und Effekten zu arbeiten. Das kann man alles sehr schön als einzelner Künstler – also nicht notwendigerweise in einer Band, sondern als Solokünstler live umsetzen. Diese Entwicklung wird nie aufhören, und so lange ich Spaß daran habe – und ich habe schon seit 20 Jahren Spaß daran – so lange hoffe ich, dass auch die Leute die zuhören Spaß daran haben.
Ihre Auftritte bieten Ihnen den Anlass für eine wahre Orchestrierung zahlreicher raffinierter technischer Klangwerkzeuge. Welche Bedeutung sprechen Sie dem technischen Fortschritt im Bereich der elektronischen Musik zu?
Wie schon in meiner letzten Antwort angedeutet, hat gerade bei der elektronischen Musik die technische Entwicklung einen sehr hohen Stellenwert. Dieser Fortschritt ermöglicht es einem letztendlich das, was man eigentlich machen will, das was man an Klängen, Sounds und Atmosphären erzeugen will, tatsächlich in Echtzeit umzusetzen. Dinge, die vor fünfzehn Jahren mit Plattenspielern und einem einzelnen Mischpult noch nicht möglich waren, sind inzwischen durch auf Computern basierenden Systemen viel besser möglich. Die technische Entwicklung in Hinblick auf die elektronische Musik und die Darbietung elektronischer Musik geht Hand in Hand mit der Weiterentwicklung von Computern und Computerchips. Das führt manchmal zu überraschenden Entwicklungen und Möglichkeiten die man vorher gar nicht im Kopf hatte und die plötzlich gegeben sind – zum Beispiel Dinge wie Touchpads oder iPads, die man auf einmal zur Verfügung hat und integrieren kann. Das ist sehr spannend und die Bedeutung vom technischen Fortschritt – gerade in der elektronischen Musik – ist wirklich extrem hoch.
Sie haben bereits gesagt, dass die Produzenten Sie nicht ausstehen können, weil Sie nicht davon ablassen können ihr Stück zu verändern, wenn Sie es in Ihre Sets einbringen. Warum diese „Manie“?
Ich bin mir eigentlich gar nicht sicher, dass die mich nicht leiden können. Ich könnte mir nur grundsätzlich vorstellen, dass jemand der ein komplettes Stück arrangiert und das gerne auch so gespielt haben würde, wenn der zufällig in einem Club landet, in dem ich spiele und dort dieses von ihm produzierte Stück gerade quasi live remixe – indem ich etwas völlig anderes daraus mache – dass dieser Produzent das einfach nur als schmerzhaft empfindet. Zumindest stelle ich mir das so vor, gerade wenn er vielleicht ein totaler Purist ist. Man kann das eventuell auch eine Manie von mir nennen, und zwar kommt sie daher, dass ich immer das Gefühl habe, dass man noch ein kleines bisschen mehr rausholen kann. Ich denke immer, dass ich in die einzelnen Stücke noch wesentlich mehr hineininterpretieren, und quasi das hervorheben kann worauf meiner Meinung nach die Betonung liegen sollte, wenn es um eine bestimmte Atmosphäre geht, die ich erzeugen will. Die Schuld gebe ich natürlich nicht dem Produzenten, der hat sein Stück so produziert wie er das will, aber das Schöne an der elektronischen Musik ist wiederum, dass sie es mir überlässt, ob ich das so stehen lassen will, oder ob ich das, was ich in diesem Track höre noch einen Tick verbessern und in meinem Sinne verstärken möchte. Das passiert mir dauernd, und beim Spielen versuche ich das dann – was tatsächlich an eine Art von Manie grenzt – permanent hervorzuholen.
Anlässlich des 10-jährigen Bestehens des Labels CLR haben Sie seinen Namen in “Create Learn Realize” abgeändert, wodurch Sie Ihren Namen oder Ihr Ego gelöscht haben, wie Sie sagten. Warum war es wichtig, Sie auf diese Art und Weise „auszulöschen“ ?
Ich glaube mittlerweile, dass man sein Ego gar nicht auslöschen kann, man muss nur lernen damit zu leben und es quasi dazu disziplinieren, dass es sich unterordnet – dann hat man schon viel gewonnen. Was das Eliminieren des Egos im Label-Namen anging, hatte das eine besondere Bedeutung. Ich wollte auch den anderen Künstlern, die auf dem Label veröffentlichen einen gewissen Respekt zollen, und wollte niemandem auferlegen, dass die Veröffentlichung von einem seiner Musikstücke bei mir auch automatisch mit einer Promotion für meinen Namen einhergehen muss. Das fand ich nicht wirklich gerechtfertigt, deshalb wollte ich das ganze einfach auf neutralere Beine stellen.
In Ihrem Facebook-Profil kann man lesen : “Since then he (Chris Liebing) has never stopped working on his dj and production setup’s and has finally reached a point of complete satisfaction with his technical and artistic possibilities.“ Wenn Sie nun auf dieser Ebene von Zufriedenheit angelangt sind, wie sehen Sie der Zukunft entgegen?
So, das steht in meinem facebook-Profil, das ist hochinteressant zu lesen Da müsste im Nachsatz dann eigentlich stehen, dass dieser Punkt der totalen Zufriedenheit – wie ich anfangs schon erwähnt hatte – nicht lange anhält. Dann hat man vielleicht etwas erreicht, will es aber auch bald wieder weiter verändern. Von daher haben Sie mich hier auf etwas aufmerksam gemacht und mich animiert mir mein facebook-Profil noch einmal genau durchzulesen und dies eventuell noch besser zu definieren. Aber natürlich, es ist schon so, dass man daran arbeitet und irgendwann mal mit dem zufrieden ist was man hat, oder man ist auch mal mit einem Abend zufrieden, aber diese Zufriedenheit schwindet ziemlich schnell. Daraus entsteht ja auch dieser gewisse Ehrgeiz sich immer weiter zu entwickeln. Ich glaube komplette Zufriedenheit würde auch irgendwann jeglichen Drang zur Weiterentwicklung ausmerzen, und das will ich nicht, und das wollen wir ja wohl alle nicht.
Sie haben jede Menge Remixe veröffentlicht, u.A. erst letztens die wunderbaren „Lie Down In Darkness“ von Moby und „Man Made Machine“ von Motor. Vor dem Hintergrund Ihrer Kreationen: welche Bedeutung sprechen Sie dieser Arbeit zu?
Erstmal danke für die netten Worte, aber wenn es um Zufriedenheit geht, muss ich selbst sagen, dass ich mit den wenigsten meiner Remixe wirklich zufrieden bin. Ich müsste jetzt lange nachdenken mit welchem Remix, den ich gemacht habe ich wirklich zufrieden bin. In dem Moment, in dem ich sie gemacht habe, war ich natürlich irgendwann zufrieden, sonst hätte ich sie ja nie zu einem Abschluss gebracht und abgegeben. Aber wie das mit der Zufriedenheit so ist, denke ich dann immer einen Monat später – ach, hätte ich das doch ganz anders gemacht, das kommt nicht so rüber, wie ich es wollte. Im Grunde genommen fällt es mir ziemlich leicht eine Idee für einen Remix zu haben, wenn ich etwas höre, doch die Idee wird dann natürlich während des Entstehungsprozesses geformt, und ob das Endprodukt dann auch so ist wie ich es mir ursprünglich vorgestellt hatte, ist eine andere Frage. Ich denke mir immer, dass ich es doch eigentlich viel besser hätte machen können, oder dass ich es gerne viel besser können würde. Von daher muss ich sagen, dass ich noch einiges lernen und noch viel an mir arbeiten muss, bevor ich dieser Arbeit von mir eine größere Bedeutung zusprechen würde.
Wahrscheinlich kennen Sie schon das Nietzsche-Zitat „Ohne Musik wäre das Leben ein Irrtum“. Was halten Sie davon?^
Der gute Friedrich Nietzsche hat viele, viele sehr gute Zitate in seinem Leben hervorgebracht, und ich würde mal behaupten, dass er auch damit Recht hatte. Musik vereint uns Menschen auf einer ganz anderen Ebene als andere Dinge es tun könnten, weil es gemeinsame Gefühle erzeugt und definitiv einen höheren Grad der Einheit und der Zusammengehörigkeit fördert. Hätten wir das nicht – würde ich fast behaupten – wären wir vielleicht auch gar nicht mehr am Leben, von daher wäre das Leben ein Irrtum. Guter Mann!
(Die deutsche Version folgt unten)
Radieux et débordant d’une énergie contagieuse, le duo de Berlin Pan-Pot composé de Tassilo Ippenberger et Thomas Benedix saura immanquablement conduire la foule d’Igloofest vers une (autre) transe heureuse ce vendredi. Les deux hommes se sont rencontrés jadis à l’école de son SAE Institut de Berlin et leur passion commune pour la musique techno a tôt fait de les réunir. Depuis, ils sont devenus l’exemple même d’une collaboration fructueuse comme le démontre leur album Pan-O-rama (2007), un classique inspiré du techno minimal, leur nombreux EP et multiples remix. On décrit souvent Tassilo comme le membre plus anarchique du duo alors que Thomas serait le plus affairé. Quoiqu’il en soit, leurs mélanges savamment calculés de house joyeux inspiré par un techno plus stricte ont établi leur nom et ils comptent aujourd’hui parmi les DJs allemands les plus convoités. Questions/réponses au sujet de leur collaboration, de leur dernier EP « White Fiction » et du documentaire « Pan-Pot. Back to Back », tous deux parus récemment. Équilibre entre rire, plaisir et (beaucoup de) travail.
Anja Schneider de Mobilee Records a déjà dit que la chimie entre vous explique votre succès. Qu’en pensez-vous?
Tassilo: Cette chimie entre nous est certainement une partie de notre succès puisque nous nous complétons bien. Cela dit, nous croyons davantage au dur labeur et à la continuité qu’à la chimie. ☺
Comme votre nom de DJ, Pan pot est l’abréviation utilisée pour désigner le potentiomètre panoramique, une fonction qui permet pour une piste stéréo donnée, d'augmenter ou de diminuer l'intensité relative du signal entrant entre deux canaux de sortie (merci Wikipedia!). Est-ce un peu comme vous, de deux musiciens émanent un morceau de musique harmonisé ?
Thomas: Le nom Pan-Pot est parfait pour un duo de DJ et nous sommes vraiment bien "accordés" (eingepegelt).
Depuis l’album à succès « Pan-O-Rama » (2007) vous avez produit plusieurs singles, remix et EP mais aucun autre album. Est-ce quelque chose que vous aimeriez réaliser à nouveau?
Tassilo: En 2012, nous avons produit la compilation « Back to Back Compilation » en plus de participer à notre documentaire de 60 minutes. C’est presqu’un projet d’album, du moins en terme de temps consacré. Nous sommes de nouveau assidus et tenterons dès que possible d’en publier un autre.
Dernièrement, vous avez publié le EP « White Fiction ». En terme de son et rythme, que cherchiez-vous à atteindre?
Tassilo: Principalement, nous voulons que les gens dansent. ☺ Ce EP est une combinaison de différents genres. « White Fiction » est un morceau dance assez tech-house, plutôt minimal et sombre avec des voix qui devaient être utilisées sur d’anciens morceaux. « Mental Rush » est un morceau techno percutant avec des « hooklines » qui à la fois s’entrechoquent et s’harmonisent avant d’atteindre un sommet pour après s’effondrer ensemble.
Thomas: « Kepler » est un morceau dupstep réalisé par amusement, sans être capital pour notre création. Nous le percevons davantage comme une expérimentation et le fruit de notre liberté d’artiste. C’est d’ailleurs pourquoi figure son remix par Sidney Charles qui rend le tout plus "dansable".
Dans le documentaire « Pan-Pot - Back to Back » (2012) Tassilo mentionne que votre succès vous pousse à davantage de « business » en plus de la musique. Comment vivez-vous ce mélange d’affaire et de créativité?
Tassilo: Malheureusement, nous devons de plus en plus prendre des décisions d’affaires plutôt qu’artistiques. Nous travaillons cependant très fort pour changer cette situation.
Si ce n’était que de nous, nous passerions nos journées à créer de la musique penchés sur nos synthétiseurs et nos "drum machines". Notre succès grandissant et l’intérêt du public impliquent toutefois que nous ayons de plus en plus à traiter de planification.
Vous avez jadis tous les deux rejoint la ville de Berlin à laquelle vous êtes aujourd’hui associée. Comment à évoluer votre relation avec cette ville?
Thomas: Je crois que nous voulions depuis toujours partir à Berlin. Nous sommes toutefois restés très attachés aux villes d’où nous venons. Bien entendu, Berlin nous donne cette liberté artistique et une scène pour en profiter et réaliser ce que nous faisons. Je crois que la ville subit un changement extrême en ce moment, dans le sens positif du terme, et nous sommes heureux d’en faire partie et avons même le sentiment d’y contribuer en quelque sorte. C’est pourquoi je dirais : « J’ suis un Berlinois! » ☺ ("Ick bin ein Berliner")
Vous jouez ce soir à Montréal, dehors à -20Celsius, devant des milliers de personnes vêtus de leur habit de ski. Avez-vous hâte?
Tassilo : Quoi! Personne ne nous a parlé de ce -20! ☺ Mettez-nous de côté des habits de ski et surtout beaucoup de Glühwein! (ndlr: vin chaud épicé et alcoolisé servi durant Noël)
Thomas : Dans tous les cas, on se réjouit d’être à Igloofest; ce nom est en soi très prometteur. Anja Schneider y a déjà joué et nous a raconté. Elle était très impressionée et nous avons été très heureux lorsque l’invitation nous est parvenue.
Vor ansteckender Energie strotzend wird das Berliner Duo Pan-Pot, welches sich aus Tassilo Ippenberger und Thomas Benedix zusammensetzt, an diesem Freitag die Menge beim Igloofest in eine (andere) glückselige Trance versetzen. Die zwei Männer, die sich seinerzeit am SAE Institut in Berlin kennengelernt haben, hat ihre gemeinsame Leidenschaft für Technomusik früh zusammen gebracht. Wie man an ihrem Album Pan-O-rama (2007), einem vom Minimal-Techno inspirierten Klassiker, sowie an ihren zahlreichen Singles und Remixen sehen kann, sind sie seitdem das Musterbeispiel für eine einträgliche Zusammenarbeit geworden. Oft wird Tassilo als der „gesetzlosere“ Teil des Duos beschrieben, wohingegen Thomas der Geschäftigere sei. Wie dem auch sei, durch ihre geschickt zusammengesetzten, fröhlichen House-Remixe, die von einem strengeren Techno inspiriert sind, haben sich die Beiden einen Namen gemacht und zählen heute zu den begehrtesten deutschen DJs. Fragen/Antworten zu ihrer Zusammenarbeit, ihrer letzten EP White Fiction und der Dokumentation Pan-Pot. Back to Back, die beide gerade auf den Markt gekommen sind. Eine Balance aus Lachen, Freude und (viel) Arbeit.
Mit dem Panoramaregler oder Pan Pot, wie euer DJ-Name, wird die Lautstärkenverteilung eines Audiosignals auf zwei Kanäle geregelt. Arbeiten Sie so wie ein Pan-Pot, nämlich, dass zwei Musiker ein Stück regeln… daher der Name?
Thomas: Der Name Pan-Pot passt perfekt für ein DJ Duo, da wir uns wirklich gut "eingepegelt" haben.
Anja Schneider von Mobilee Records sagte, dass der Grund für euren Erfolgt die Chemie zwischen euch sei. Was halten Sie davon?
Tassilo: Die Chemie zwischen uns ist mit Sicherheit ein Teil des Erfolges, da wir uns gut ergänzen. Allerdings glauben wir eher an harte Arbeit und Kontinuität als nur an Chemie.
Seit dem erfolgreichen Album Panorama (2007) haben Sie viele Singles, Remixe und EPs produziert, aber kein Album. Ist ein neues Album in Planung??
Tassilo: Wir haben 2012 die Back to Back Compilation produziert und an unserem 60-minütigen Dokumentarfilm gearbeitet, was vom Zeitaufwand her einem Albumprojekt ähnelt.
Thomas: Leider haben wir aus ständigem Zeitmangel kein weiteres Album nach Pan-O-Rama veröffentlicht. Wir sind aber weiterhin fleißig und versuchen sobald wie möglich wieder eins zu veröffentlichen..
Jetzt ist die frische EP White Fiction herausgekommen. Was wollten Sie bezüglich Ton und Rhythmus genau erreichen?
Tassilo: Hauptsächlich wollen wir, dass Leute tanzen. Die "White Fiction" EP ist eine Kombination aus unterschiedlichen Genres. White Fiction ist ein Tech-House orientierter Dance Track, eher minimal und düster gehalten mit Pan-Pot eigenen Vocals, die an unsere früheren Tracks anknüpfen sollen. Mental Rush ist ein perkussiver Techno Track, der sich mit zwei gegeneinander- aber doch miteinander laufenden Hooklines zu einem Höhepunkt aufschaukelt und dann in sich zusammenfällt.
Thomas: Kepler ist ein Dupstep Track, den wir als Spaß-Track und nicht als ausschlaggebend für unser Schaffen ansehen, sondern eher als Experiment und als künstlerische Freiheit. Deshalb gibt es auch einen Sidney Charles Remix dazu, der das Original tanzbar macht.
Im Dokumentarfilm Pan-Pot - Back to Back (2012) sagt Tassilo, dass Sie zusätzlich zur Musik immer mehr mit Business zu tun haben. Wie erleben Sie diese Mischung aus Kreativität und Business?
Tassilo: Leider müssen wir immer häufiger geschäftliche und weniger künstlerische Entscheidungen treffen. Wir arbeiten aber stark daran, dies zu ändern. Wir arbeiten aber stark daran, dies zu ändern.
Wenn es nach uns gehen würde, würden wir den ganzen Tag nur Musik machen und mit Synthesizern und Drum Machines arbeiten. Jedoch müssen wir uns wegen des wachsenden Erfolgs und Interesses des Publikums uns mehr und mehr organisatorischen und geschäftlichen Themen widmen.
Sie sind beide nach Berlin gezogen und heute eng mit dieser Stadt verbunden. Wie hat sich seitdem Ihre Beziehung zu Berlin verändert?
Thomas: Ich glaube wir beide wollten schon immer nach Berlin und sind trotzdem sehr heimatnah und verbunden mit den Orten, wo wir herkommen.
Berlin gibt uns natürlich die gewisse künstlerische Freiheit und die Plattform genau das auszuleben und zu tun, was wir beide gerade machen. Ich glaube die Stadt durchlebt einen extremen Wandel im positiven Sinne und wir sind froh ein Teil davon zu sein, vielleicht sogar das Gefühl zu haben dort etwas mitzubewegen. Daher würde ich sagen "Ick bin ein Berliner!"
Sie werden am 25. Januar in Montréal auflegen, draußen, im Winter -20 °C, wo Leute in Skianzügen tanzen. Freuen Sie sich darauf?
Tassilo: Also von -20 Grad hat uns keiner etwas erzählt. Am besten haltet ihr schon einmal ein paar Skianzüge für uns bereit und genügend Glühwein.
Thomas: Wir freuen uns auf alle Fälle auf das Igloofest, alleine der Name verspricht schon Besonderes.
Le set du DJ techhouse Mathias Kaden de Iéna en Allemagne a été un des moments forts de l'ouverture du festival Igloofest la fin de semaine dernière. Arrivé à Montréal par un froid glacial, le DJ très connu de l'étiquette "Freude am Tanzen" en a profité pour visiter le Goethe-Institut et nous parler de son objectif de réchauffer le public avec son unique "samba minimale" et comment on retrouve parfois dans ses morceaux des chants d'oiseaux dissimulés...
Entretien réalisé par Astrid Deixler
Vous jouerez à Igloofest au Vieux-Port de Montréal, dehors, en hiver à -20°C, où les gens dansent en habit de ski. Avez-vous hâte et comment vous êtes-vous préparé?
Oui, je m’en réjouis. Ma musique est très énergique et je crois qu’elle est parfaite pour ce contexte. Aussi, je ne laisse personne se reposer dans mes sets! Je ne me suis pas préparé différemment qu’à l’habitude sauf que j’ai apporté des bottes en extra ainsi que des sous-vêtements de ski au cas où il ferait trop froid!
Aviez-vous déjà entendu parler de ce festival?
Je connais Igloofest depuis son tout début, il y a sept ans. J’ai de nombreux amis canadiens à Berlin avec lesquels j’en ai souvent discuté. Qu’il fasse si froid durant ce festival rend tout cela très beau. Je suis bien heureux d’être enfin de la partie
Dans une entrevue à propos de votre album « Studio 10 » (2010), vous aviez mentionné que tous les morceaux doivent être « intemporels ». Que vouliez-vous dire?
C’est important pour moi de ne pas récupérer la tendance actuelle. Par exemple, il y a certains sons ou rythmes qui, une fois qu’on les entend, nous conduisent directement à 2012. J’essaie le plus possible d’éviter ça. Ma musique doit être conçue de façon intemporelle, c’est-à-dire qu’en l’écoutant on pourrait penser qu’elle a été produite il y a dix ans ou même dans dix ans. On peut bien sûr se disputer à ce sujet…
Vous avez parfois décrit votre musique comme « Minimal Samba » ou « House funkadélique ». Dans tous les cas, on y trouve beaucoup d’influences d’Amérique latine et d’Afrique. Quelle importance accordez-vous à celles-ci?
Je me suis fait prendre à mon propre jeu! En fait, j’ai inventé ce terme. Si j’avais répondu à la question de savoir quel est mon style de musique un mélange de house et de techno, personne ne m’aurait questionné davantage. Maintenant, on m’interroge à propos de ce Minimal Samba qu’aucun autre DJ ne produit. J’utilise beaucoup de sonorités influencées par l’Amérique latine et je travaille avec différentes sortes de bongos; peut-être un peu moins depuis trois ans cependant. J’adore jouer des morceaux avec des percussions et des rythmes différents, c’est le plus intemporel qui existe!
Vous travaillez à un nouvel album : comment avance le projet ?
Très bien. Le projet créé avec le band de mes amis « Marcel Rocel » s’appellera « Karocel ». Mon percussionniste, Michael Nagler, y figure également. L’album sortira en juin prochain. Pour le plaisir, j’ai nommé ce projet « Uptempo-Jazz ». Personne ne sait exactement de quoi il en retourne, mais disons qu’en principe c’est très house. C’est de la musique house qui n’est pas jouée lors d’une performance en direct ou par un DJ, mais par un sextet avec piano, saxophone, du chant et des percussions. Tous les rythmes de fond sont de mon ressort.
On parle beaucoup d’un « Sound of Berlin ». L’étiquette « Freude am Tanzen » est établie à Iéna où la scène musicale est très vivante avec des musiciens comme Krause Duo ou Marek Hemmannn. Diriez-vous qu’il y a un « Sound of Iena »?
J’ai toujours nié cette appellation, mais entre-temps peut-être que ce son existe-t-il vraiment. Sur notre label, nous avons tous une sonorité particulière. Marek sonne différemment de moi et je sonne autrement que Krause Duo; cela sans compter Monkey Maffia, Douglas Reed et Taron Trekka. Nous sommes une équipe mais chacun a son style et élabore sa propre cuisine (kocht seine eigene Suppe), pour reprendre l’expression de notre compilation parue récemment (FAT5zig Compilation, 2012).
Quelles différences existent-t-ils entre les scènes de Iéna et Berlin?
Je pense que nous sommes davantage libres et moins influencés. À Berlin, on est inspiré et influencé trop rapidement parce qu’il s’y passe tellement de choses. Toute la nouveauté provient de Berlin étant donné que tous les artistes y habitent. Nous sommes à l’inverse plus indépendants, ce qui nous procure plus de liberté pour expérimenter.
Vous êtes bien impliqué dans « Freude am Tanzen ». Que cherchez-vous à atteindre ?
Je participe à la sélection musicale de l’étiquette fondée en 1998 et auquel je me suis joint en 2001 avec Marek Hemmann. Nous essayons de faire notre travail indépendamment des tendances et de publier une musique pour cette étiquette même si nous savons qu’elle ne sera pas un énorme hit. L’important pour nous est d’abord de conserver notre autonomie. Je crois que nous produirons encore pour longtemps. Plusieurs des étiquettes qui surfent à partir des tendances finissent par disparaître : cela ne nous arrivera pas! Si nous continuons à travailler de manière régulière, l'étiquette vivra longtemps; ce qui est d’ailleurs le but en plus d’offrir aux DJs une option musicale différente.
Le philosophe allemand Nietzsche a dit: "Sans la musique, la vie serait une erreur." Qu’en pensez-vous?
C’est vrai. Par ailleurs, je crois qu’un monde sans musique serait impossible. La musique se trouve partout même lorsqu’on ne l’a pas créée : une feuille tombe d’un arbre, il se forme déjà un certain rythme et si on ajoute à cela quelqu’un qui cause un bruit de fond, on pourrait presque obtenir une musique expérimentale. Pour ma part, je m’inspire souvent des bruits et des sons quotidiens; ce que j’ai fait surtout pour mon premier album. Par exemple, le morceau « Chazz » est constitué de bruits environnants : le kick drum provient de ma bouche, le bruit de train est celui qui passe devant chez moi, j’ai enregistré la descente de ma fenêtre d’auto et tout le beat de fond consiste en pièces de monnaie et des cuillères qui s’entrechoquent. Très souvent dans mes morceaux j'insère des chants d’oiseaux, tout simplement, pour qu’un certain sentiment d'espace apparaisse. En fait on ne les entend pas vraiment, mais si je pose la question « entends-tu l’oiseau qui chante? », on parvient à les remarquer.
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Das Set des House- und Techno-DJs Mathias Kaden aus dem deutschen Jena war eines der Highlights am Igloofest-Eröffnungswochenende. Einen Tag vor seinem Auftritt beim Igloofest hat uns der DJ vom Label „Freude am Tanzen“ im Goethe-Institut besucht und uns erzählt, wie er dem Montrealer Publikum mit Minimal Samba gegen die Kälte einheizen will und warum man in seinen Stücken zuweilen Vögel zwitschern hört.
Interview von Astrid Deixler
Du wirst morgen beim Igloofest im Vieux Port in Montréal auflegen, draußen und bei winterlichen Temperaturen um die -20°C. Freust du dich darauf und wie bereitest du dich auf die Herausforderung vor, dem Publikum bei dieser Kälte einzuheizen?
Ja, ich freue mich wirklich sehr darauf. Meine Musik ist immer energiegeladen und ich lasse den Leuten in meinen DJ-Sets kaum Platz zum Ausruhen, ich glaube also, das wird das Richtige sein. Daher habe ich mich nicht anders als sonst vorbereitet, habe mir aber anderes Schuhwerk und Ski-Unterwäsche mitgenommen, falls es doch zu kalt wird!
Du warst vor ein paar Jahren schon mal fürs MUTEK-Festival hier in Montréal, morgen bist du zum ersten Mal beim Igloofest. Hast du davor schon von diesem einzigartigen Festival gehört?
Ich kenne das Igloofest bereits, seit es vor sieben Jahren zum ersten Mal stattgefunden hat und freue mich sehr, endlich dabei zu sein. Mit kanadischen Freunden, die in Berlin wohnen, habe ich schon oft über das Igloofest gesprochen.
In einem Interview über deine LP « Studio 10 » (2010) hast du gesagt, dass alle Stücke « timeless » klingen sollen. Was genau meinst du damit und warum ist dir das so wichtig?
Mir ist es wichtig, dass ich nicht den aktuellen Hype aufgreife. Meine Musik soll möglichst zeitlos gestaltet sein, das heißt, wenn man das Stück hört, könnte es vor zehn Jahren, aber auch in zehn Jahren gemacht worden sein – ob das nun wirklich so ist, darüber kann man natürlich streiten. Es gibt aber gewisse Klänge oder Rythmusrichtungen, wenn man die anwendet, hört man genau, das ist 2012 entstanden – das versuche ich absolut zu vermeiden, deswegen zeitlos.
Du beschreibst deine Musik manchmal als „Minimal Samba“ oder „Funkadelic House“. Auf alle Fälle gibt es darin viele Einflüsse aus Afrika und Lateinamerika. Warum sind diese Einflüsse für dich wichtig?
Da hab ich mir was eingebrockt! (lacht) Das habe ich extra gesagt, weil „Minimal Samba“ einzigartig und viel interessanter klingt als zu sagen, ich mache eine Mischung zwischen House und Techno. Ich benutze viele Einflüsse aus Lateinamerika und arbeite viel mit verschiedenen Conga- oder Bongoarten, wenn auch seit zwei, drei Jahren etwas weniger. Ich mag es sehr, verschiedene Percussion- und Rhythmusarten aufzulegen, das ist das zeitloseste, das es gibt.
Du arbeitest gerade an einem neuen Album. Wie läuft’s bis jetzt?
Sehr gut, das ist wirklich ein interessantes Projekt. Ich habe mich dafür mit Freunden von mir, deren Band Marbert Rocel heißt, und meinem Percussion-Spieler Michael Nagler zusammengetan und unsere Formation heißt „Karocel“. Unser Album wird im Juni erscheinen und ich nenne es aus Spaß „Uptempo-Jazz“, weil niemand weiß, was das sein soll. Im Prinzip machen wir House-Musik, die aber nicht von einem DJ oder einem Live-Act gespielt wird, sondern von einer sechsköpfigen Band mit Klavier, Saxophon, Gesang und Percussions. Ich kümmere mich komplett um die Grundrhythmen.
Häufig ist von einem „Sound of Berlin“ die Rede. Dein Label « Freude am Tanzen » kommt aus Jena, wo es eine ziemlich lebendige Musikszene mit zahlreichen Musikern und DJs wie Krause Duo oder Marek Hemmann gibt. Würdest du sagen, es gibt auch einen « Sound of Jena » ?
Ich habe das eigentlich immer verneint, aber mittlerweile vielleicht schon. Wir sind zwar ein Team, aber haben alle einen unterschiedlichen Sound: Deswegen war auch das Motto unserer letzten „Freude am Tanzen“-Compilation, dass jeder „seine eigene Suppe kocht“ (FAT5zig Compilation, 2012). Jeder macht sein eigenes Ding, aber es gibt einen „Sound of Jena“: Man hört sofort einen Beat von Marek Hemmann raus, auch einen von Krause Duo, vielleicht auch meinen.
Was ist in Jena anders als in Berlin?
Ich denke, wir sind viel freier und werden nicht so viel beeinflusst – in Berlin wird man häufig zu schnell inspiriert, weil dort so viel stattfindet. So gut wie alles Neue in der Szene wird in Berlin geboren, weil dort ja fast alle Künstler wohnen. Wir dagegen sind ziemlich unabhängig, was uns auch mehr Raum gibt, zu experimentieren.
Du bist mit deinem Label « Freude am Tanzen » ziemlich beschäftigt. Was möchtest du durch diese Arbeit erreichen?
„Freude am Tanzen“ besteht seit 1998, ich bin 2001 dazugekommen und bin an der Musikauswahl beteiligt. Wir versuchen, unabhängig von den großen Hypes unser eigenes Ding durchzuziehen und releasen daher auch Musik, die vielleicht kein Superhit wird, aber von der wir einfach finden, dass sie gut zum Label passt. Wichtig ist uns, dass unsere Eigenständigkeit erhalten bleibt – ich denke, wir machen das schon so lange, uns wird es auch noch die nächsten zwanzig Jahre geben. Viele Labels gehen mit dem großen Hype, in dem sie mitschwimmen, unter, das wird uns nicht passieren. Wenn wir weiterhin so konstant arbeiten, dann gibt es das Label ewig, was eigentlich auch das Ziel ist – und vielleicht auch mal den DJs einen kleinen Impuls zu geben, dass es auch noch andere Musikrichtungen gibt und nicht nur das, was gerade aktuell ist.
Wahrscheinlich kennst du schon das Nietzsche-Zitat „Ohne Musik wäre das Leben ein Irrtum“. Was hältst du davon?
Ja, stimmt. Ich glaube, eine Welt ohne Musik wäre gar nicht möglich. Es ist überall Musik, auch wenn man sie gar nicht kreiert: Allein, wenn ein Vogel zwitschert, ein Auto vorbeikommt, das rattert und man steht daneben – im Prinzip könnte das schon fast ein Musikstück werden. Oder wenn ein Blatt am Baum weht, dann gibt’s ja schon einen Rhythmus – und wenn dazu jemand im Hintergrund redet, könnte es eine experimentelle Musik sein. Ich reise eigentlich immer mit dem Aufnahmegerät und lasse mich auch von Alltagsgeräuschen für meine Musik inspirieren, vor allem für mein erstes Album habe ich das gemacht. Zum Beispiel ist das Lied „Chazz“ ausschließlich aus Umweltgeräuschen entstanden: Der Kickdrum ist mein Mund, mein Autofenster und die Bahnschranke vor meinem Haus kommen vor, der komplette Grundbeat sind Münzen und Löffel. Ganz oft habe ich in meinen Titeln auch Vogelgezwitscher im Hintergrund, einfach nur, damit Raum entsteht. Eigentlich hört man es nicht, aber wenn ich sage „hörst du einen Vogel zwitschern“, dann fällt es einem auf.
Igloofest, c’est l'agréable poursuite du temps des Fêtes. Après seulement deux courtes semaines pour se remettre des gras et autres excès accumulés en série pendant Noël, nous voilà repartis pour non plus trois mais quatre fins de semaine de festivités musicales. On renoue ainsi avec le trajet en métro bondé de joyeux festivaliers en route vers le Vieux-Port, un décor hivernal flamboyant, l’éternel concours « One piece », plus ou moins les mêmes commanditaires avides d’image et tous ces milliers de visages (70 000 l’an dernier!). Et bien sûr, LA MUSIQUE! Cette année encore plusieurs DJs d'Allemagne seront de la partie.
Pour ceux présents à l’édition 2012, les représentations des stars allemandes Tiefschwarz, D. Diggler et surtout celle des berlinois Marcel Dettmann et Ben Klock résonnent encore fortement dans nos souvenirs. Personne ne peut oublier leur grande finale lorsqu’ils, devant une foule en liesse et totalement envoûtée, terminèrent après quatre heures de mix B2B avec le morceau « Photographic » (1981) de Depeche Mode. Magistrale performance!
Pour cette 7e édition, le funkadélique Mathias Kaden (ce vendredi), la mythique Ellen Allien, les vigoureux Pan-Pot, les surprenants Schlachthofbronx, le berlinois d’adoption Tommy Four Seven et la légende du techno Chris Liebing participent à la grande messe hivernale et guideront la foule vers d’autres alléluias inoubliables. Les deux derniers cloront le festival : aucun doute à ce sujet, une autre finale (allemande) grandiose nous attend! ☺
Le premier morceau sur Ghosts, le dernier album de l’artiste allemand Monolake (Robert Henke), donne le ton. Une voix robotique s’exprime : « You do not exist.» Mais, peut-on se demander, qui ou qu’est-ce qui n’existe pas au juste? Des fantômes ? Quelqu’un hallucinant des fantômes ? Et ces derniers, quels seraient-ils ?
On cherche à répondre tout au long de l'écoute des douze morceaux qui oscillent entre des moments sonores nettement contemplatifs et d’autres plus exploratoires, aux rythmes lourds et abrasifs. Si la tonalité varie, l’atmosphère, elle, reste uniforme avec une puissante anxiété spectrale. «You do not exist… Anymore.» Constat, espoir ou délivrance devant ces fantômes ? À vous de le découvrir en sillonnant cet album complexe, exécuté avec ce contrôle et cette mesure qui ont consacré Monolake comme un des grands musiciens électroniques des dernières décennies. Robert Henke nous a parlé de son album, de sa présentation live, de ses fantômes et de sa conception de la musique lors de son passage au festival de musique électronique MUTEK, le printemps dernier.
Contrairement à l’album "Silence" paru en 2009, "Ghosts" contient davantage d’accents dub et sonne plus dramatique et robuste. Cherchiez-vous à nous faire peur avec cet album?
(Rires) Tout d’abord, je dois dire que je fais de la musique pour moi. Lorsque je compose, la musique reflète ma sensibilité et mon état d’âme. Une partie de cet album consiste certainement en une sorte d’exorcisme, par exemple le morceau « Ghosts », et réfère à l’état dans lequel j’étais lors de sa composition. La musique est un bon moyen pour digérer ce genre d’état...
Il y a aussi un lien avec le texte que j’écris en ce moment : un long fragment de science-fiction. L’album en contient un extrait, mais très succinct. J’aimerais composer un troisième album qui se rattacherait aux compositions Silence et Ghosts. L'idée de réunir cette histoire avec de la musique me plait énormément. En fait, le concept derrière l’album Ghosts s’est révélé au fur et à mesure. J’ai débuté par prendre des notes à propos des fantômes, j’ai lu sur le sujet tout en continuant à écrire mon texte. Il y a des morceaux sur l’album qui renvoient à cette histoire ou encore à mes lectures sur le sujet.
Vous avez voulu accompagner cet album d’une performance live plus poussée, avec une projection vidéo composée par l’artiste Tarik Barri. Que vouliez-vous atteindre avec ce projet visuel ?
La justification est de nature très pragmatique. Sur la scène, je voulais garder le contrôle des images projetées lorsque ma musique est jouée. Je voulais que les projections correspondent à ma musique, à l’album Ghosts en l'occurence. J’ai donc travaillé le visuel avec mon ami Tarik dont j’admire beaucoup le travail et avec qui j’avais déjà collaboré en tournée. L’esthétique visuelle est apparue à la suite de discussions sur l'apparence à donner à cette musique.
Tout le visuel du concert est à vrai dire un commentaire sur la musique, à un autre niveau et aussi en lien avec ce texte sur lequel je travaille: une sorte de science-fiction policière dans laquelle les recherches de scientifiques entrent en conflit avec des énergies fantomatiques qui produisent des effets imprévisibles et incompréhensibles pour leur raison scientifique.
L’album Ghosts traite beaucoup d’émotions et de peur. Le morceau «Aligning the Deamon» aborde le conflit entre l’ordre techno-scientifique, la croyance en lui, la science et la peur de perdre le contrôle de cette science. Ghosts in the machine… Un thème qui me fascine. Comment se produisent des erreurs techniques, comme Tchernobyl ou Fukushima ? C’est très fantomatique ! Une petite chose s’enchaîne à une autre et soudainement, la catastrophe. La projection vidéo joue avec tout cela. Certains éléments y apparaissent comme images de failles technologiques ou encore de calculs de données scientifiques.
Votre travail est très acoustique et immersif. Trouvez-vous un tel travail plus difficile à présenter aujourd’hui?
Je suis un optimiste culturel (Kulturoptimist). Pour plusieurs personnes, la musique n’est pas si importante. Pour plusieurs, la musique remplit une fonction sociale extérieure à la musique elle-même. Il y a aussi ceux qui s’intéressent à la musique : il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Bien sur, certains écoutent au passage de la musique sur You Tube. En même temps, certains sont très heureux de retrouver sur You Tube des vieux morceaux devenus introuvables. C’est formidable ! Je n’ai pas l’impression que cette supposée dévalorisation de la musique existe vraiment. Je ne la vois pas.
Cependant, pour la jeune génération, souvent, écouter de la musique sur leur ordinateur sans véritable système de son suffit…
Oui, mais ils écoutent et téléchargent beaucoup de musique ainsi que des programmes pour en composer. Ils se questionnent pour parvenir à créer tel ou tel genre de musique. La curiosité est encore présente. Le fait que chacun puisse composer de la musique est magnifique ! Je ne crois pas que ce soit une évolution négative.
Plusieurs disent que la création de musique devient trop facile grâce aux logiciels. Certains proclament même un retour à la composition avec des instruments analogiques ! Qu'en pensez-vous?
N’importe qui peut prendre un crayon et dessiner quelque chose. Toutefois, certains peuvent dessiner quelque chose de grandiose tandis que d’autres ne peuvent tout simplement pas dessiner. Bien entendu, chacun peut créer de la musique. Cela signifie aussi que davantage de personnes sont en mesure d’évaluer la quantité de travail derrière chaque composition. Les jeunes de 15 ans qui ont grandi avec un ordinateur peuvent évaluer rapidement si un morceau est sans valeur ou s’il contient beaucoup de travail et d’efforts. Ils le reconnaissent immédiatement. C’est une génération qui connaît mieux la complexité de la musique.
Il suffit pour cela de suivre un seul cours à propos du logiciel Ableton pour s’en rendre compte…
Certains composent de la musique extrêmement complexe. Les vieux disent : « Ah ! Les jeunes ne font plus rien ! » Lorsqu’il s’agit de la musique, ce n’est pas vrai du tout. Les jeunes apprennent toujours à jouer d’un instrument, ils jouent dans des groupes, bref tout cela se produit encore. S'ils ne font pas cela, ils font par exemple du skate. Près de chez mois, chaque jour, des jeunes pratiquent ce sport quatre heures par jour, jusqu’au moment leur technique fonctionne. C’est épatant ! Si des jeunes comme ça existent, ils en existent aussi qui fournissent cet effort pour la musique, ceux qui essaient cent fois de créer un son particulier jusqu’à ce qu’il soit parfait.
Le philosophe allemand Nietzsche a écrit: « Sans la musique la vie serait une erreur.» Qu’en dites-vous?
Umm… (Long silence). La musique est une forme d’art très particulière. Par rapport à la nature, la musique est quelque chose d’abstrait. La peinture s’occupe des images, le théâtre raconte une histoire, le cinéma est à la fois de l’histoire et de la peinture. La musique comme telle est quelque chose de complètement abstrait, peu importe le style. C’est un art unique parmi les formes d’art et c’est justement pour cette raison que je le trouve si captivant. Cette abstraction, chacun peut se l’approprier. La musique permet davantage d’interprétation que les autres formes d’art et je crois que c’est pour cette raison que la musique fascine autant, parce qu’elle est tellement ouverte.
Die Generation 09 – klingt gewichtig, engagiert und aktuell. Doch was, und vor allem wer genau ist diese Generation 09?
Aus der Taufe gehoben wurde die Generation 09 durch Studentenproteste in Österreich, die sich dann im Juni 2009 auf mehrere Bundesländer in Deutschland „ausgeweitet“ haben. Vor etwa drei Jahren um diese Zeit, rief die 2009 ins Leben gerufene Projektgruppe „Bildungsstreik“ Schüler und Studenten dazu auf, bundesweit gegen die deutsche Bildungssituation zu demonstrieren.
In der Aktionswoche vom 15-19. Juni 2009 protestierten etwa 4000 Schüler und Studenten auf öffentlichen Plätzen, vor dem Landtag oder auch in den Universitäten selber. Die Bildungssituation der Universitäten und Schulen in Deutschland wird schon seit längerer Zeit diskutiert und kritisiert: die Zulassungsverfahren der Universitäten sind undurchsichtig und undemokratisch; das neue Bachelor-/Mastersystem adaptiert sich nicht; die Studiengebühren verhindern konzentriertes und effektives Studieren. An den Schulen herrscht Lehrernotstand, Unterfinanzierung, die Schulklassen sind zu groß, das vielgliederige Schulsystem zu undurchschaubar.
Eine zweite Protestwelle erfolgte im November desselben Jahres: bundesweit gingen ca. 200.000 Studenten auf die Straße, um zu protestieren. Ganz ähnlich den aktuellen Studentenprotesten in Québec stand die Forderung nach Abschaffung und Nicht-Erhöhung der Studiengebühren an erster Stelle, in Deutschland dann jedoch dicht gefolgt von dem Ruf nach Verbesserung der allgemeinen Studienbedingungen, allen voran die Neureformierung der sog. "Bologna-Reform".
Der Bologna-Prozess
Der Bologna-Prozess ist ein politisches Vorhaben, welches 1999 von etwa 30 europäischen Bildungsministern ins Leben gerufen wurde, um bis 2010 einen gemeinsamen europäischen Bildungsraum zu schaffen. Die Bachelor- und Masterabschlüsse sollen eine höhere Mobilität der Studenten für Auslandsaufenthalte erreichen und die Studiengänge europaweit vernetzen. Durch die starke Modularisierung der neuen Studienform kommt es allerdings zu einer höheren Verschulung der deutschen Universitäten.
Bei dem Streik wurde genau dies als Hauptpunkt kritisiert: das Bachelor- und Mastersystem sei nicht umsetzbar, die Universitäten neigen zur Verschulung, man müsse das gesamte Hochschulsystem reformieren. Sogar Bildungsministerin Annette Schavan bestätigte, dass es an dem „neu“ eingeführten System noch einiges zu verbessern gäbe. Der Bologna-Prozess hat seine Ziele verfehlt, anstatt Grenzen zu öffnen, schränkte sich die Mobilität der Studenten sogar noch ein, der Bürokratieaufwand für die Anerkennung europäischer Kreditpunkte stieg gewaltig.
Die Ergebnisse des Streiks 2009 befriedigten jedoch nur punktuell: Die Studiengebühren wurden nur an einer handvoll Universitäten gesenkt und das Bafög (finanzielle Regierungshilfe für Kinder aus gering verdienenden Familien) ein wenig erhöht. Nur wenige Prüfungsordnungen der Bachelorstudiengänge wurden überprüft. Im Großen und Ganzen bleibt das Bologna-System somit erhalten.
Positive, längerfristige Auswirkungen waren allerdings das große Medieninteresse, die Bildung von Vereinigungen, welche sich mit bildungspolitischen Fragen auseinandersetzten und die Bereitschaft, von der Generation 2009 zu lernen und auch in Zukunft gegen kritikwürdige Bildungspolitik auf die Straße zu gehen.
Zentrum Dresden – vom Lehrstuhl zum Leerstuhl
So zum Beispiel in Dresden, Sachsen: auch hier protestierten die Studenten 2009 für eine bessere Bildung und die Streiks setzten sich bis 2012 fort. Erst vor zwei Wochen gingen wieder mehrere Tausend Schüler und Studenten gegen die sächsische Bildungspolitik auf die Straße; hier geht es ans Kleingedruckte: denn die Dresdner Studenten beschäftigt hauptsächlich die Frage danach, was passiert, wenn aus einem Lehrstuhl ein Leerstuhl wird. Damit protestieren sie gegen die zahlreichen Stellenstreichungen an den sächsischen Universitäten.
Unter anderem aus dem sächsischen Chemnitz und Leipzig kamen die Studenten zusammen, um am 11. Mai 2012 gemeinsam in der Landeshauptstadt Dresden gegen den Bildungsnotstand zu demonstrieren. Und diesmal folgten die Ergebnisse prompt: auf Grund der anhaltenden Proteste wurde von der sächsischen Wirtschaftsministerin Sabine von Schorlemer ein Millionenstarkes Förderpaket für den Bereich der Lehrerbildung auf den Weg gebracht, welches die schon seit Jahren überfällige Sanierung der Lehrerbildung, der Lehrpläne und Hochschulen ins Rollen bringen soll und bis zu diesem Wintersemester 2012/13 etwa 300 neue Stellen schaffen will. Für die Stellenschaffung im Bereich der Lehrerausbildung bekommt die TU Dresden 13 Millionen und die Universität Leipzig noch einmal 29 Millionen Euro.
Bleibt nur zu hoffen, dass die Ankündigungen auch umgesetzt werden, damit endlich aus Leerstühlen wieder Lehrstühle werden können und diese Veränderungen auch im Rest Deutschlands positive Entwicklungen anstoßen.
Für mehr Informationen über den bundesweiten Bildungsstreik, die eigens dafür geschaffene Website: Bildungsstreik
Tout débuta il y a plus de dix ans chez un disquaire à Iéna en Allemagne ou plus précisément après sa visite. Stefan Carl et Wendelin Weissbach, comme de bons amis, se rencontrent après avoir complété séparément leurs emplettes. Ils s’échangent leurs disques pour s’apercevoir qu'ils se sont procurés les mêmes parutions... Depuis, c'est l'histoire d'une heureuse collaboration entre ces musiciens reconnus pour leurs morceaux techno-house enjoués, éclectiques ainsi que pour leurs mix endiablés. Ils jouent ce soir à la soirée « Nocturne 4 » du festival de musique électronique MUTEK; une première à Montréal… mais sûrement pas une dernière. Rencontre avec ce chaleureux duo derrière le club Métropolis.
"Nous avions déjà joué ensemble comme DJ. C'est tout simple, cela a bien fonctionné entre nous, raconte Stefan. Nous avons pu discuter et échanger aussitôt. Nous partageons les mêmes goûts et sensations pour la musique." Pour quiconque chercherait une signification particulière au nom « Krause Duo», on peut tout de suite indiquer qu’il ne trouvera rien. Pour ce duo d’amis, il fallait choisir un nom : rien de plus. « Nous devions donner un nom à notre duo. Peu nous importait. Dans « Krause », il n’y a pas de signification. » Tout se trouve plutôt, et évidemment, dans leur musique publiée entre autres sur leur propre étiquette Musik Krause ou sur Freude am Tanzen.
A leur avis, le sens de la musique se révèle dans un long déploiement. Des pièces de huit ou onze minutes sont monnaie courante pour le duo de Iéna. Leur agence indique d’ailleurs qu’ils souhaitent un minimum de trois ou quatre heures pour un set de DJ. «Lorsqu’on joue pendant trois heures, explique Stefan, c’est comme si l’on projette une sorte de film. On peut ainsi raconter une histoire. Le public peut ainsi s’habituer à la vitesse et à la force de la musique. Cela n’a rien à voir avec notre égo. Ce n’est qu’une question de contenu et de musique. Il y a tout simplement trop de belles musiques qui doivent être jouées.»
Lors de la parution en 2007 de « Ruggi Zuggi », et ce dans un élan stylistique un peu exagéré nous confie Stefan, ils ont décrit leur musique comme « une ébauche de peinture sonore électroacoustique ». Quel genre de peinture ? « Cela donnerait un style très variable : abstrait, formel, etc. Cela découlerait des disques ou des chansons dont nous disposerions et de l’effet recherché, précise Wendelin. Le résultat de l’œuvre en dépend, tout comme les différentes couleurs disponibles déterminent le tableau final.»
Ce mélange de couleurs prendra la forme d’un premier album à la fin de l’année. D’ici là, attendons cette œuvre avec leur dernière composition "Hell on Earth" issue d’une collaboration avec le légendaire chanteur house Ian Simmonds.
Méconnaissable! Pour ceux qui n’avaient pas écouté le dernier album du berlinois Apparat, il y avait de quoi s’étonner hier lors de la première grande soirée de MUTEK intitulée «Synthimental Melodies». L’album « The Devil’s Walk », sorti en novembre 2011 et présenté avec le Apparat Band, témoigne d’un changement profond dans le travail de cet artiste connu depuis longtemps pour ses solides beats et ses riches compositions aux accents dramatiques. Terminé tout ça, du moins en partie, et plein cap sur le chant d'émotions et l’acoustique d’instruments propres à tout bon band post-rock versé dans une sorte de pop électronique au lyrisme sentimental. Émotion, quand tu nous tiens…
Dans une entrevue expliquant son dernier album réalisé en grande partie au Mexique, Sascha Ring a confié ne plus chercher à ce que son public danse. L’objectif poursuivi en studio était tout autre : beaucoup moins électronique, plus « humain » et davantage acoustique. Sur la scène, le Apparat Band ne ménage pas ses moyens pour maintenir cette visée. Entouré de musiciens qui semblent en avoir vu d’autres, Apparat se donne complètement dans son rôle de chanteur pleinement assumé. Plusieurs longs solos mélangeant synthétiseurs, percussions et guitares ont ponctué la performance, non sans créer un effet d’entraînement dans une foule réchauffée auparavant par le sompteux dark disco de DKMD et les beats soulevés par les synthétiseurs prenants de Blondes.
On s’est aussi réjoui du tonus apporté à plusieurs chansons de l’album qui résonnent avec ce trop plein de sentiments presque gênant. La chanson inédite « I’ll kill you » donnait une impression plus musclée de cet Apparat nouveau, alors qu’on a greffé sur un autre morceau des accents et des sonorités dubstep bien sentis. Après un milieu ponctué par le morceau ash black veil, la grande finale pour le moins prévisible avec Black Water, cette autre pièce-phare de l’album, a mis fin à la représentation du chanteur; un habitué de MUTEK mais sous un tout autre costume musical.
Une transformation annoncée
Jusqu’à aujourd’hui, on a pu entendre la voix de l’artiste percer en partie les fabuleux beats issus de sa collaboration fructueuse avec Modeselektor (Moderat, 2008). L’album solo «Walls» sorti en 2007 sur la vigoureuse étiquette Shitkatapult marquait également une avancée dans le parcours du chanteur: sa voix émergeait dans un drôle de moitié-moitié annonciateur.
Le chant d’Apparat se retrouve d’abord fort et engagé sur des constructions chargées et pleines de ce spleen numérique propre à sa signature (Hailing form the Edge, Holdon). Ensuite, la voix émerge dans des compositions plus douces, tendres et volant de cette harmonie conciliatrice repérable dans ce pop de qualité (Birds, Head up). Apparat a avoué dans une entrevue avoir détesté ce terme utilisé alors par les critiques pour qualifier l’album « Walls ». Maintenant, ce refus est bien oublié. « I don’t care now! », lance-t-il confiant.
Avec «The Devil’s Walk», on s’évade, on fuit sur la voix bien maîtrisée d’un Apparat épris d’un romantisme parfois léger, parfois plus déchiré. Un premier album, un premier chant affiché sur des compositions musicales excellentes – c’est là, comme toujours, la grande force d’Apparat. La critique est divisée et on attendra d’écouter la suite; si suite il y a.