Depuis presque deux décennies, Ben Klock est une figure incontournable du techno allemand. Album, mix, remix, gestion de son étiquette, tournée et résidence au club berlinois Berghain décrivent la vie de cet artiste très sollicité. S’il y a bien une chose qui le distingue, outre ses DJ-sets épiques de plusieurs heures (parfois 8 ou 11 heures!), c’est l’importance qu’il accorde dans ses morceaux à la mélodie. Bien sûr le beat, mais superposé ou pigmenté de cette touche sensible et élévatrice qu’est la mélodie; parfois discrète en arrière champ ou bien mise en évidence. L’exploration qu’il fait avec le techno donne des résultats hypnotiques savamment orchestrés et avec un groove indéniable. Que ce soit avec des morceaux plus minimaux, ambiants ou durs, celui qui a jadis voulu être un pianiste jazz conduit le techno dans des sphères d’une qualité sonore exceptionnelle. Il a accepté de répondre à nos questions par courriel en vue de sa visite à Igloofest en compagnie de Marcel Dettmann pour un set en tandem de quatre heures... Achtung! -Vous avez dit dernièrement dans une entrevue : « Techno is very popular at the moment, but I hope there will be some fresh ideas soon. … I definitely feel a lack of soul in many productions at the moment. »
Quelle serait cette âme dont vous parlez?
Ce que je veux dire, c’est que l’on sent que quelque chose de distinctif, d’authentique se transmet, que l’on perçoit l’artiste. Il existe une panoplie de styles en techno, c’est comme s’ils étaient faits d’après un patron. La musique provenant d’une machine doit montrer l’être humain derrière. Même la musique électronique dure peut toucher le cœur.
-On sent une attention porté aux mélodies dans votre travail, par exemple avec Init One sur l’album « One », Compressions Session 1 ou encore avec le récent Red Alert. Pourquoi cet aspect mélodique est-il si présent ?
C’est ma spécificité. Enfant et adolescent, j’ai joué du piano et les séquences mélodiques répétitives m’ont toujours intéressé. J’aime la conciliation entre un beat masculin dur et cet élément féminin qu’est la mélodie.
-Vous faites aussi beaucoup de remix et de mix (i.e. Berghain 04). Quelle importance accordez-vous à ce volet de votre travail?
Une très grande importance; presque aussi importante que pour un album.
-Vous jouez au Berghain depuis sept ans maintenant. Comment votre relation avec ce club si unique a-t-elle évolué au fil des ans?
J’aime le Berghain tout autant qu’il y a 7 ans – c’est ma cathédrale. Depuis quelques années je voyage beaucoup et je n’arrive plus à sortir au Berghain, simplement comme ça. Malgré cela, je me sens tout de même très attaché.
-Parlons de votre étiquette Klockworks. Que cherchez-vous à atteindre avec label, autrement dit comment s’inscrit-il dans votre exploration musicale par rapport au label Ostgut Ton?
Klockworks possède un autre caractère que la musique que je publie sur Ostgut. La musique n’est pas organisée de façon aussi épique. Elle est moins narrative et plus esquissée (skizzenartig). J’aime beaucoup cette esquissage (Skizzenhaftigkeit).
-Si vous deviez sortir un nouvel album, aurait-il la même dimension que « One » (2010), soit à la fois expérimental (Gold Rush), techno minimal « classique » (Check for Pulse) et atmosphérique (In a While) ?
Dans la deuxième moitié de l’année, je compte travailler sur un nouvel album.
Je ne peux pas encore dire quelle direction cela va prendre, plus monochrome ou bien plus différent en tant que tel. On verra bien.
-Le philosophe allemand Nietzsche a dit: „La vie sans la musique serait une erreur.“ Qu’en pensez-vous?
Cette citation me paraît un peu trop farfelue. Je suis plutôt de l’avis : sine musica nulla vita - sans musique, pas de vie. Car la vie et la musique sont inséparables. Tout est vibration, et cela n’est rien d’autre que de la musique. La distance séparant les planètes de notre système solaire est équivalente à celle séparant les notes de la gamme, et la trajectoire des planètes obéit à certains rythmes. Ça aussi, c’est de la musique. D’une certaine façon, l’univers entier est assujetti aux lois de la musique.
-Vous jouerez à Montréal avec Marcel Dettmann le 28 janvier prochain, dehors, en hiver, où les gens dansent en habit de ski. Avez-vous hâte? Que leur réservez-vous ?
Je m’en réjouis beaucoup. J’ai entendu de très bons commentaires sur ce festival et j’interromps même mes vacances pour y être. Nous allons bien réchauffer le plancher de danse. Peut-être quelqu’un va-t-il même retirer sa doudoune d’hiver!





Le techno de Marcel Dettmann est un envoûtant parfum sombre et inquiétant. Un parfum habilement élaboré, adéquatement sédatif, juste assez pour engendrer un léger inconfort au cœur de la lourde rêverie musicale qu’il propose. C’est d’ailleurs là tout le charme du son dettmannien. Une structure au beat clinique et métrique, avec des sonorités rêveuses et hypnotiques qui nous laissent errer, divaguer, nous perdre dans une atmosphère contagieuse et stroboscopique; parfois plus gaie, parfois plus austère. La grande finesse de Dettmann est de nous rendre accessible cette exploration. Rien n’y est à ce point accablant. Tout y est maîtrisé avec l’agilité de l’anesthésiste : des effluves émergent ici et là, des aguichages aux crescendos raffinés et absorbants, jamais vulgaires et jamais vite consommés. Juste assez de ce gaz pour nous permettre de continuer à avancer dans ce rêve enivrant, obscur et excitant. Cette inéluctable icône du techno allemand sera ce samedi à Igloofest en compagnie du tout aussi passionnant Ben Klock (à suivre demain, un Q/R avec lui). Il a bien voulu répondre par courriel à nos questions sur sa musique, le Berghain et ses remix.

Montreal: In den U-Bahnen drängen sich spanische Touristen und diskutieren lautstark das Streckennetz, auf der Rue Sainte-Catherine flanieren italienische Paare mit ihren großen Einkaufstüten und im Gemüseladen nebenan unterbricht man an der Kasse das angeregte Gespräch der portugiesischen Ladenbesitzer.
Ein Freund hier verriet, dass er sich immer viel intelligenter fühlen würde, sobald er Deutsch lesen oder sprechen würde. Ein anderer wiederum deklarierte Deutsch als die schönste Sprache zum Singen.
C’est partout, l’Halloween à Montréal. 

Es wurde gewählt.
Cette année, le Grand Prix de l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision fut décerné au prolifique -et polémique- auteur et dramaturge québécois Victor-Lévy Beaulieu. Lors du gala des prix Gémeaux, prix qui récompensent les meilleures productions télévisuelles de langue française du Canada, Victor-Lévy Beaulieu s'est vu remettre le prix des mains de... Stop! Stop! Non, détrompez-vous, cela ne s'est pas passé comme à l'habitude. C'est-à-dire, le lauréat monte les marches de la grande scène, tremblant de nervosité et de bonheur, sous les applaudissements ressentis des gens du milieu tous debout pour une ovation, et récupère sa statuette avant de se lancer dans de longs et sincères remerciements. Le tout diffusé en direct pour le plus grand plaisir des téléspectateurs. Non, rien de tout cela pour Victor-Lévy Beaulieu.
Toute cette histoire me rappelle un événement semblable qui s'est déroulé en Allemagne lors du Fernsehpreis-Gala de 2008 qui récompensait le critique littéraire et animateur d'une émission littéraire pendant de nombreuses années, Marcel Reich-Ranicki. Cet équivalent de la cérémonie des Gémeaux fut pertubé lorsque le célèbre critique a refusé, en direct, le Prix d'honneur de la télévision allemande (Ehrenpreis der Stifter des Deutschen Fernsehpreises) avant de critiquer longuement la piètre qualité du spectacle qu'il endurait depuis deux heures ainsi que la mauvaise qualité de la télévision allemande dans son ensemble. Imaginez un peu si Victor-Lévy Beaulieu avait fait de même en direct...
Am 7. September 2011 wurde das